La France a exporté 21,2 milliards d’euros d’armement en 2025, franchissant le seuil des 20 milliards pour la deuxième année consécutive. Malgré une concurrence mondiale accrue et un contexte international tendu par le conflit en Ukraine, le pays conserve sa place de deuxième exportateur mondial derrière les États-Unis.
L’industrie de défense française confirme sa vitalité à l’international. Ce dynamisme repose sur une base industrielle de 240 000 emplois répartis sur l’ensemble du territoire national.
Les contrats majeurs en Asie et en Europe
L’année 2025 a été largement portée par les grands contrats aéronautiques et navals. L’Inde s’est imposée comme le premier client de la France avec l’acquisition de 26 avions Rafale et les équipements associés, pour un montant total de 6,9 milliards d’euros.
Les marchés européens ont représenté une part décisive des prises de commandes dans le sillage de la guerre en Ukraine. L’Asie concentre quant à elle près de 43 % des commandes de l’année 2025, atteignant 9 milliards d’euros grâce aux accords conclus avec New Delhi et Jakarta. Au total, l’Europe suit de près avec 7,67 milliards d’euros d’exportations françaises, dont une large part réalisée directement avec les pays membres de l’Union européenne.
Une filière aéronautique et navale en première ligne
Le secteur aéronautique demeure le moteur principal des exportations, représentant environ 40 % des commandes grâce aux succès répétés du Rafale. Le secteur naval arrive ensuite, représentant près de 19 % des prises de commandes, suivi par les matériels terrestres à 12 % et la filière des missiles à 18 %. Le ministère des Armées souligne que ces exportations régulières participent directement à la pérennité de l’outil de défense national.
« La France considère que la politique d’exportation est indissociable de la politique de défense. Les exportations contribuent en effet à la construction de partenariats et d’alliances, répondent à des enjeux industriels et ont des effets sur nos coopérations opérationnelles. »
Ministère des Armées, via L’Opinion
Ce modèle exportateur fait face à une concurrence féroce, illustrée par les récents arbitrages de certains États partenaires. La Norvège a notamment préféré se tourner vers l’offre britannique pour s’équiper de ses futures frégates, écartant l’industriel français Naval Group, qui avait également vu sa proposition de sous-marins rejetée par le Canada.
Le soutien militaire à l’Ukraine et le cas d’Israël
Le conflit en Ukraine continue de peser lourdement sur les flux d’armements à l’échelle mondiale, où les dépenses militaires ont atteint des sommets. L’aide militaire de Paris à Kiev s’établit à plusieurs milliards d’euros depuis le début des hostilités en février 2022, incluant des cessions directes d’équipements et des ventes d’armements passées par l’industrie française.
Parallèlement, la question des livraisons de composants militaires vers des zones de conflit comme le Proche-Orient suscite des débats réguliers avec les organisations non gouvernementales. Face aux critiques concernant le flux de matériels vers Israël, le ministère des Armées a tenu à clarifier la position de l’État français dans ses documents officiels.
« La France ne livre pas d’armes à Israël et se limite à exporter des composants, ayant vocation soit à être intégrés dans des systèmes défensifs soit à être réexportés vers des pays tiers. »
Ministère des Armées, via L’Opinion
Alors que les dépenses militaires mondiales continuent de croître, l’exécutif français prévoit de porter l’enveloppe budgétaire dédiée aux armées à 63,4 milliards d’euros pour l’année 2027. Cette trajectoire financière vise à garantir la capacité opérationnelle des forces nationales tout en maintenant l’appareil productif au service des partenariats internationaux.