L’enquête dirigée par la Commission Madlanga a connu un nouveau rebondissement lundi matin lorsque les avocats de Vusimuzi “Cat” Matlala ont soulevé des difficultés pour procéder en l’absence de son conseil principal, l’avocate Annaline van den Heever, retenue par la maladie. L’avocate Fatima Missi a déclaré à l’instance que la défense avait reçu l’instruction formelle de se retirer si Matlala était contraint de poursuivre sans Van den Heever.
Tensions autour de la représentation juridique au centre correctionnel Kgosi Mampuru II
La défense a également fait part de difficultés pour consulter son client au centre correctionnel Kgosi Mampuru II où il est incarcéré. Malgré les menaces d’un recours en urgence devant la Haute Cour pour interdire la poursuite des auditions, la commission a rejeté une demande de report de longue durée. La présidence de l’instance, menée par le juge Mbuyiseli Madlanga, a estimé que les questions juridiques pouvaient pour l’essentiel être traitées par les conseils présents.
La cheffe des enquêteurs, l’avocate Adila Hassim, a vivement contesté la position de la défense. Elle a rappelé que l’équipe juridique de Matlala connaissait les grands axes d’investigation depuis le mois de mars, soutenant qu’cette demande aurait pu être formulée bien plus tôt et que l’ensemble du temps qui avait été à la disposition de l’équipe juridique de M. Matlala s’étendait sur des mois et non sur des jours, tout en s’opposant également à ce qu’elle a qualifié de tentative d’obtenir une immunité générale ou blanket immunity
face aux questions de la commission.
Le dossier Medicare24 et les procédures judiciaires en suspens
Cette confrontation juridique intervient alors que Matlala fait face à des accusations criminelles distinctes liées au contrat de services de santé de la police sud-africaine (SAPS) attribué à Medicare24. Ce contrat d’une valeur de 360 millions de rands fait l’objet de poursuites pénales. La comparution de lundi fait suite à une première apparition le 15 juillet avant que son audition ne soit avancée par rapport au calendrier initial de septembre.

Auparavant, Matlala avait renoncé à un accord de plaider-coupable avec la Direction d’investigation contre la corruption (IDAC) après que le tribunal spécialisé des crimes commerciaux de Pretoria eut proposé de porter sa peine de prison de huit à douze ans. Il doit désormais être jugé aux côtés de responsables de la police qu’il lui est reproché d’avoir corrompus pour obtenir le marché public.
Relations policières et volume des pièces versées au dossier
Durant les audiences, le témoin a également été interrogé sur ses relations avec des hauts gradés de la police, notamment le commissaire de police du KwaZulu-Natal, le lieutenant-général Nhlanhla Mkhwanazi, ainsi que l’ancien commissaire adjoint suspendu Shadrack Sibiya. Matlala a invoqué à plusieurs reprises son droit constitutionnel au silence pour éviter de s’incriminer sur des faits imbriqués dans ses procès en cours.

Par ailleurs, le volume des pièces documentaires transmises à la défense a atteint des proportions importantes. L’avocate Annelene van den Heever a souligné qu’au dernier décompte, et c’était avant de recevoir un nouveau courriel la veille au soir, le volume dépassait de loin les 2 000 pages, et qu’il était acquis entre eux et les responsables des éléments de preuve que les liasses ne leur avaient été remises que la veille dans l’après-midi avant le déroulement de la session.
Les travaux de la commission doivent se poursuivre ce mardi, l’instance s’attelant à examiner l’application relative au droit contre l’auto-incrimination et à poursuivre l’interrogatoire de Matlala.