Le député LFI Sébastien Delogu a été convoqué devant la justice pour le 13 novembre 2026 à la suite d’une altercation avec trois policiers survenue le 24 août dans son immeuble à Marseille. L’élu, qui conteste fermement les faits reprochés, fait face à une plainte pour outrage tandis qu’il a lui-même déposé une plainte croisée.
L’affaire, qui s’est rapidement imposée dans le débat national comme une affaire d’ampleur nationale, trouve son origine dans une intervention de police menée le lundi 24 août 2026. Ce jour-là, dans la matinée, trois fonctionnaires des forces de l’ordre se sont rendus dans un immeuble résidentiel marseillais à la recherche d’un suspect soupçonné d’avoir volé une montre de luxe d’une valeur supérieure à 100 000 euros, selon les informations recueillies par Cnews.
Selon le rapport d’intervention que Le Figaro a pu consulter, les policiers ont constaté l’absence du mis en cause, mais auraient croisé sa voisine qui a décidé de téléphoner à Sébastien Delogu, lui aussi voisin. C’est précisément dans cet immeuble que réside Sébastien Delogu, le député de La France insoumise des Bouches-du-Rhône. L’intervention des agents sur place a immédiatement dégénéré en un différend verbal et physique sur le palier, donnant lieu à des versions totalement contradictoires entre les deux parties impliquées dans le dossier.
Une convocation judiciaire fixée au 13 novembre 2026
Après avoir passé plusieurs heures en garde à vue ce jeudi — plus précisément toute une après-midi et une partie de la soirée — le parlementaire a été libéré dans la soirée. Il s’était présenté par ses propres moyens au siège de la police marseillaise, surnommé L’Évêché, pensant initialement ne rester que quelques heures selon les précisions apportées par Le Figaro. À l’issue de cette mesure, une source proche du dossier a confirmé que l’élu fait l’objet d’une convocation par officier de police judiciaire (COPJ) programmée pour le 13 novembre prochain.
Le parquet de Marseille a validé cette procédure dans le cadre d’une enquête de flagrance diligentée pour outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique. La justice devra désormais trancher entre les accusations portées par les fonctionnaires et les contre-attaques menées par la défense du député.
Des versions diamétralement opposées sur le palier marseillais
Le cœur de la procédure repose sur l’affrontement de deux récits inconciliables au sujet de l’intervention initiale. D’un côté, les trois policiers concernés ont porté plainte pour «outrage à personnes dépositaires de l’autorité publique». Dans leurs procès-verbaux consultés par l’AFP, ils affirment que le député s’est opposé «physiquement» à leur entrée dans l’immeuble, avant de les traiter notamment de «bande de fatigués» et, pour l’un d’eux, de «trou du cul».
D’un autre côté, Sébastien Delogu soutient que les agents, vêtus en civil, n’ont pas décliné leur identité au moment de solliciter l’accès au bâtiment. L’élu a raconté à l’AFP : «Une personne en habit de civil que je ne connais pas m’intime de la laisser ouverte. Je ne connais pas la personne, je ne lui fais pas confiance car on m’a déjà menacé donc je refuse de la laisser ouverte». Le ton serait ensuite monté sur le palier de son appartement, et selon l’élu, les policiers lui auraient «sauté dessus» et l’un d’eux lui aurait porté «un coup sur la poitrine». Sébastien Delogu a également déposé une plainte contre X pour injures et violences physiques, selon son avocat.
Les réactions politiques et les zones d’ombre de l’enquête
Sur son compte X, Sébastien Delogu a vivement contesté la solidité des accusations pesant contre lui, expliquant que cette affaire n’était qu’une «supercherie» et rédigeant ces mots : «Comme par enchantement, le soi-disant voyou qui aurait volé une montre de plus de 100 000 €, que j’aurais soi-disant prévenu pour qu’il fuit et empêché la police de l’arrêter… Est ressorti libre… Peut-on encore croire à toute cette supercherie ?» L’homme initialement recherché pour le vol de la montre a pour sa part été interpellé sans incident dans un appartement situé en face de celui de Sébastien Delogu.

Sébastien Delogu a exprimé sa frustration face à la situation, soulignant qu’il ne comprenait pas pourquoi cette situation lui était réservée. L’homme recherché pour le vol de la montre a pour sa part été interpellé sans incident dans un appartement situé en face de celui de Sébastien Delogu.
Alors que la date du 13 novembre 2026 marquera la prochaine étape judiciaire de ce dossier à rebondissements, les investigations se poursuivent sous l’autorité du parquet pour démêler les responsabilités de chaque protagoniste dans cet incident marseillais.