Confronté à une demande inattendue pour son Galaxy Z Fold 8 au format passeport, Samsung a pris la décision radicale de détourner des volumes de production de puces initialement réservés à ses smartphones de 2027 afin d’accélérer la fabrication de son nouveau pliable.
Sept ans après son premier smartphone pliant, le géant coréen expérimente un changement de format majeur avec le Galaxy Z Fold 8, qui adopte les dimensions d’un passeport. Cette évolution stylistique et ergonomique s’accompagne d’une popularité fulgurante qui prend de court les usines du fabricant, au point de perturber le calendrier de production des composants à venir.
La rupture de stock et le goulot d’étranglement des puces DDI
D’après les informations rapportées par ZDNet Korea, l’engouement pour ce nouveau smartphone pliable a dépassé toutes les prévisions de la marque, entraînant des délais de livraison allongés dès le lancement et des ruptures partielles aux États-Unis. Au cœur de cette tension logistique se trouve un composant précis : le Display Driver IC, ou DDI, la puce électronique qui pilote les pixels de l’écran OLED. Ce composant est fabriqué par le fondeur taïwanais UMC sur une gravure en 22 nanomètres, un partenaire qui a atteint le plafond de ses capacités de production actuelles.
Pour faire face à cette pénurie de composants, le fabricant a dû réagir en modifiant ses plans industriels. La firme a ainsi détourné vers le Galaxy Z Fold 8 des volumes de DDI qui étaient initialement attribués aux smartphones de l’année 2027, tout en exigeant un traitement en service express, qualifié de super hot run
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Un pari audacieux sur les gammes futures pour satisfaire la demande
Cette réorganisation industrielle ne signifie pas que Samsung prélève physiquement des pièces sur des appareils déjà assemblés, chaque puce étant taillée sur mesure pour un format d’écran spécifique. Cependant, le déplacement des capacités de production réservées aux modèles de 2027 constitue un changement stratégique d’envergure, puisque chaque puce ainsi déviée représente une unité en moins pour les futures gammes de l’an prochain.
Transformer une plaquette de silicium en une puce DDI finie demande environ quatre mois de travail, avant même l’assemblage avec la dalle OLED, ce qui explique pourquoi une simple augmentation instantanée de la cadence était impossible pour le fondeur UMC. Malgré ces contraintes, l’objectif affiché par le constructeur serait de produire environ un million d’unités supplémentaires par rapport au plan initial, un volume considérable pour un appareil positionné au sommet de la grille tarifaire.
Le succès du format passeport sur le marché des pliables
Les critiques et les retours d’utilisateurs confirment l’attrait pour cette nouvelle approche ergonomique. L’appareil propose un format compact lorsqu’il est fermé, tout en se transformant en une petite tablette dotée d’un écran déplié de 7,6 pouces au format 4:3. Les utilisateurs ont notamment salué la polyvalence de l’écran externe, jugé idéal pour consulter des applications de navigation dans la rue sans avoir à déplier systématiquement l’appareil. Vendu à un tarif de 1 999 euros, le terminal s’inscrit dans une année technologique marquée par l’intégration d’une batterie en silicium-carbone, une recharge de 45 W et une conception en titane visant à atténuer le pli de l’écran.

Cette dynamique confirme la maturation du marché des smartphones pliables. Selon les données du cabinet Omdia, les livraisons mondiales de ce type de terminaux devraient doubler par rapport à 2025 pour atteindre environ 36 millions d’unités d’ici 2028, portées précisément par l’adoption de ce format large. En acceptant de bousculer son calendrier et d’hypothéquer en partie ses chaînes futures, Samsung démontre que son pari sur le pliage compact a rencontré un écho commercial bien supérieur aux prévisions initiales.