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Des Chercheurs Retrouvent l’ADN de la Clavelée Ovine dans des Manuscrits Médiévaux

Des chercheurs internationaux ont retrouvé l'ADN du virus responsable de la clavelée ovine dans des parchemins médiévaux et des dents de l'âge du bronze.

Des Chercheurs Retrouvent l'ADN de la Clavelée Ovine dans des Manuscrits Médiévaux

Des chercheurs internationaux ont retrouvé l’ADN du virus responsable de la clavelée ovine dans des parchemins médiévaux et des dents de l’âge du bronze. Publiée le 2 septembre 2026 dans Science Advances, cette découverte recule l’histoire de l’agent pathogène de plus de 3 700 ans.

Des manuscrits aux archives biologiques

La peau des animaux qui constituaient les livres avant la généralisation du papier a emprisonné la mémoire de maladies anciennes. Une équipe internationale a analysé plus de 750 échantillons provenant d’Eurasie pour reconstituer l’histoire millénaire de la clavelée ovine, une infection hautement contagieuse qui touche les troupeaux en provoquant fièvre et lésions cutanées.

Les chercheurs ont examiné des parchemins conservés dans des collections prestigieuses, notamment à Yale University, à Cambridge University, ainsi qu’au Corpus Christi College, à l’University College Dublin, à la Lambeth Palace Library et au Trinity College. Parmi les pièces étudiées figurent des pages du Speculum Historiale du XVe siècle, les manuscrits de Clairvaux, plusieurs fragments de textes d’évangiles du IXe siècle, l’Achadeus Psalter, les Trinity Gospels, la Lambeth Bible et les célèbres Évangiles de York, vieux de 1,000 ans.

Une méthode non invasive pour traquer le virus

Pour recueillir le matériel génétique sans abîmer les manuscrits anciens, l’équipe scientifique utilise une technique spécifique. Les scientifiques frottent délicatement la surface des pages avec une gomme propre afin de produire de minuscules résidus riches en ADN et en protéines. Cette approche non invasive avait déjà fait ses preuves lors de l’analyse des Évangiles de York.

Dans plusieurs codex, les analyses ont mis en évidence la présence du virus sur différentes pages en peau de mouton d’un même manuscrit. Cette récurrence indique que des animaux infectés ont vraisemblablement servi à la fabrication du parchemin. Des traces inattendues ont également été relevées sur des peaux de chèvre et de veau, ouvrant le débat entre de possibles infections interespèces et des contaminations croisées survenues dans les ateliers de préparation.

Kevin G. Daly, de l’University College Dublin, via Ars Technica, a souligné que la fabrication du parchemin avait été considérée comme un art en voie de disparition, mais que l’on commençait à comprendre à quel point elle avait conservé des éléments du passé.

Un génome stable depuis l’âge du bronze

L’enquête génétique dépasse le cadre des bibliothèques. En extrayant l’ADN de dents de moutons prélevées sur des sites pastoraux anciens en Russie et au Kazakhstan, les chercheurs ont identifié des traces de la maladie remontant à environ 1 700 avant notre ère. Ces données permettent de faire remonter l’histoire de l’agent pathogène à plus de 3 700 ans, une période qui coïncide grossièrement avec la domestication des animaux en Europe.

Des Chercheurs Retrouvent l'ADN de la Clavelée Ovine dans des Manuscrits Médiévaux
Photo: cnews.fr

L’équipe a ainsi extrait 21 génomes anciens s’étendant de 1700 BCE jusqu’au début de l’époque moderne européenne. La comparaison avec les souches actuelles montre que le génome de la clavelée ovine a relativement peu évolué au fil des millénaires, tout en révélant l’existence d’une lignée aujourd’hui disparue qui circulait autrefois en Europe.

This might mean that genetic changes before this point were very important to how the sheeppox virus evolved to infect its host, which may help us fight the pathogen in the future. Study authors, via Ars Technica

Résonances sanitaires contemporaines

Cette recherche fondamentale trouve un écho direct dans les crises sanitaires modernes qui frappent les exploitations agricoles. La maladie continue de menacer les élevages actuels en Europe, à l’instar de l’épizootie apparue en Grèce en août 2024, qui avait entraîné de nombreux abattages sanitaires au 1er mars 2026 selon les autorités vétérinaires grecques et l’Organisation mondiale de la santé animale.

A curious Welsh Mountain sheep (Ovis aries) stares into the camera
Photo: Ars Technica

Kevin G. Daly, de l’University College Dublin, via Ars Technica, a déclaré que ce projet montrait que les parchemins ne préservaient pas seulement notre histoire culturelle pendant des centaines d’années, mais aussi le paysage des maladies de notre bétail à l’époque médiévale, ajoutant que ce type de découverte passionnante et surprenante n’était possible que lorsque des chercheurs de diverses disciplines se réunissaient pour partager leur expertise et leurs données – une générosité et une confiance dont dépend la science collaborative.

Such interdisciplinary efforts ensure that ancient records can provide critical insights into the long-term evolution of animal diseases and the historical impact of livestock epidemics.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.