Des manifestants de Pati et des représentants étudiants se sont réunis à Jakarta avec des responsables de la Chambre des représentants fin août 2026. Cette mobilisation nationale a relancé les discussions politiques autour de l’adoption du projet de loi sur la confiscation des avoirs illicites.
La pression de la rue et les campagnes numériques ont remis au premier plan un texte législatif longtemps au point mort. Des discussions intensives se sont déroulées au complexe parlementaire de Senayan, à Jakarta, réunissant des dirigeants de l’appareil législatif et des délégations citoyennes pour débloquer le processus.
Les pourparlers nocturnes à la Chambre des représentants avec l’AMPB
Peu après minuit, le mercredi 26 août 2026, Supriyono de l’Alliance du peuple uni de Pati (AMPB) a rencontré quatre vice-présidents de la Chambre des représentants dans la salle de délégation du bâtiment Nusantara III à Senayan, à Jakarta. Lors de cette entrevue nocturne, Supriyono — également connu sous le nom de Botok — a eu un échange téléphonique d’environ quelques minutes avec le président Prabowo Subianto en utilisant le téléphone portable du vice-président de la Chambre et président exécutif du parti Gerindra, Sufmi Dasco Ahmad. Selon le récit publié par Tempo, Supriyono a expliqué au président que la manifestation planifiée par les résidents de la régence de Pati, dans le centre de Java, exprimait les aspirations des citoyens.
Supriyono a également indiqué au chef de l’État qu’aucun groupe ne contrôlait l’AMPB ni ne l’orientait pour manifester à Jakarta. « No one was riding on our movement or financing it, not the Solo gang or any group in power », a déclaré Supriyono, rapportant sa conversation avec le président lors d’un entretien accordé à Tempo le jeudi 3 septembre 2026. Supriyono a précisé avoir promis au président Prabowo que la protestation des résidents de Pati, fixée au jeudi après-midi 27 août 2026, se déroulerait pacifiquement. Un fonctionnaire de l’État présent à la réunion dans la salle de délégation a indiqué que Supriyono avait également confié à Prabowo leur volonté d’aider le gouvernement à lutter contre la corruption, motivant leur exigence d’adoption du projet de loi sur la confiscation des avoirs et de la peine de mort pour les corrupteurs.
La conversation entre Supriyono et le président Prabowo fut l’un des nombreux sujets débattus au cours de la nuit précédant le jeudi 27 août. Supriyono et 11 collègues de l’AMPB ont également exposé à Dasco ainsi qu’à trois autres vice-présidents de la Chambre la situation à laquelle font face les habitants de Pati en amont de leur manifestation prévue à Jakarta.
Le calendrier législatif fixé pour le Code pénal et le projet de loi sur les avoirs
Du côté de l’appareil législatif, les dirigeants de la Chambre des représentants et de l’exécutif ont affirmé que les délibérations sur le projet de loi sur la confiscation des avoirs débuteraient prochainement, à la suite de journées de manifestations nationales et de campagnes en ligne virales remettant la législation longtemps bloquée sur le devant de la scène publique. Le vice-président de la Chambre des représentants, Saan Mustopa, a souligné le mercredi que les législateurs s’étaient engagés à lancer les délibérations sur le projet de loi sur les avoirs, tout en précisant que le processus ne pouvait débuter qu’une fois achevée la révision en cours du Code de procédure pénale (KUHAP).

La stratégie de Sufmi Dasco Ahmad face aux organisations étudiantes
Le collégien vice-président Sufmi Dasco Ahmad, du parti Gerindra, a ajouté que la législature visait à conclure les délibérations sur le KUHAP avant la clôture de la période de session en cours fixée au 3 novembre, afin de pouvoir également entamer les travaux sur le projet de loi sur les avoirs avant cette même échéance. Ces responsables de la législature se sont exprimés sur le projet de loi lors d’une réunion avec des représentants de plusieurs organisations d’organes étudiants (BEM) de diverses universités, au complexe législatif de Senayan, dans le centre de Jakarta.
Cette réunion s’est tenue le mercredi, trois jours après que le président Prabowo Subianto, les présidents des organes législatifs et les chefs de l’ensemble des huit partis de la Chambre eurent fait une déclaration publique invitant des délégations de manifestants à s’entretenir avec les parlementaires pour entendre leurs revendications.