Le drame historique « Woman Unknown », réalisé par la cinéaste dano-égyptienne May el-Toukhy, a remporté le Lion d’or du meilleur film lors de la 83e édition de la Mostra de Venise, qui s’est achevée le 12 septembre 2026. Le jury, présidé par l’actrice et réalisatrice américaine Maggie Gyllenhaal, a également couronné John Malkovich et distingué le documentaire choc « NAZA ».
Porté par un jury présidé par Maggie Gyllenhaal et composé notamment de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, du compositeur Daniel Blumberg, du professeur de cinéma Francesco Casetti, du réalisateur français Xavier Giannoli, de la cinéaste afghane Shahrbanoo Sadat et du producteur et réalisateur hongkongais Johnnie To, le festival a dévoilé son palmarès lors d’une cérémonie de clôture animée par les acteurs italiens Greta Scarano et Nicolas Maupas.
Le triomphe de « Woman Unknown » de May el-Toukhy
Le Lion d’or du meilleur film a été attribué à Woman Unknown, réalisé par May el-Toukhy. Coproduction entre le Danemark, la Suède et la Lettonie, le troisième long métrage de la cinéaste dano-égyptienne se déroule juste après l’occupation nazie du Danemark. L’intrigue suit une jeune femme de ménage qui, cachant un lourd secret, s’apprête à épouser son riche employeur.
Ce sacre constitue la seule réalisation en compétition portée par une femme seule, marquant aussi le premier film de la metteuse en scène depuis Queen Of Hearts, soumis par le Danemark aux Oscars en 2020. La distribution internationale du film est assurée par TrustNordisk.
La reconnaissance pour cette œuvre ne s’est pas arrêtée au sommet du palmarès. L’actrice principale, Mathilde Arcel, a décroché la Coupe Volpi de la meilleure actrice pour sa composition dans le film, confirmant la double consécration de l’équipe sur la lagune.
John Malkovich et le Lion d’or d’honneur
Du côté des hommes, John Malkovich a été désigné meilleur acteur pour son rôle dans le film Wild Horse Nine, réalisé par Martin McDonagh. Une distinction qui propulse immédiatement le comédien en tête des pronostics pour la prochaine saison des prix cinématographiques.
Par ailleurs, les vétérans du cinéma américain George Clooney et Ellen Burstyn ont tous deux reçu un Lion d’or pour l’ensemble de leur carrière lors de cette 83e édition.
Le documentaire « NAZA » et les prix de la compétition officielle
Le festival a également mis en lumière des œuvres profondément ancrées dans l’actualité géopolitique. Le jury a ainsi attribué son Prix spécial du jury au documentaire NAZA, coréalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor. Le projet, qui compte Jonathan Glazer comme producteur exécutif, donne la parole à des opérateurs des services de renseignement israéliens interrogés sur leurs actions dans la bande de Gaza.

Le film, qui s’est vu décerner une ovation de vingt-cinq minutes lors de sa première, a suscité de vives réactions. Yuval Abraham est monté au créneau lors de la remise du prix.
Il n’est honnêtement pas très facile de se tenir ici, en pensant à tous les politiciens et journalistes israéliens qui attaquent actuellement ce film et le nient sans même l’avoir vu. Tant de choses sont faites pour ne pas regarder la réalité en face. Yuval Abraham, co-réalisateur de NAZA via Gold Derby
D’autres distinctions majeures ont jalonné le palmarès de la compétition officielle, que l’on peut synthétiser ainsi :
| Catégorie | Film ou Lauréat | Réalisateur ou Auteur |
|---|---|---|
| Lion d’or du meilleur film | Woman Unknown | May el-Toukhy |
| Grand Prix du jury (Lion d’argent) | Possible Love | Lee Chang-dong |
| Prix spécial du jury | NAZA | Yuval Abraham et Rachel Szor |
| Lion d’argent du meilleur réalisateur | DAU | Ilya Khrzhanovsky |
| Coupe Volpi de la meilleure actrice | Mathilde Arcel | May el-Toukhy (réalisatrice) |
| Coupe Volpi du meilleur acteur | John Malkovich | Martin McDonagh (réalisateur) |
| Meilleur scénario (Osella d’or) | Un bon petit soldat | Stéphane Brizé, Coralie Amédéo et Olivier Gorce |
| Prix Marcello Mastroianni du jeune espoir | A Place to Heal | Malou Khebizi |
Le réalisateur sud-coréen Lee Chang-dong a ainsi collecté le Silver Lion Grand Jury Prize pour son long métrage Possible Love, son premier film depuis son travail remarqué sur Burning en 2018, dont la sortie américaine est prévue sur Netflix en novembre. De son côté, Ilya Khrzhanovsky a été récompensé par le prix de la mise en scène pour un nouveau volet de son projet monumental DAU, retraçant le parcours d’un physicien soviétique sur quatre décennies.
Les perspectives de la saison cinématographique à venir
Au-delà du prestige des trophées, la Mostra de Venise confirme son rôle de rampe de lancement pour les grands prix internationaux. En s’emparant du Lion d’or, le film de May el-Toukhy bénéficie d’une qualification automatique pour la course à l’Oscar du meilleur film international sous l’effet des nouvelles règles de l’Académie.

Les sélections parallèles ont également consacré plusieurs talents, à l’instar du film Diane in the Loop, couronné meilleur film de la section Horizons sous la direction d’Ann Sirot et Raphaël Balboni, ou encore la production albanaise House of the Wind d’Auguste Bernard Kouemo Yanghu, distinguée par le prix spécial du jury et le trophée Luigi De Laurentiis du premier film.