Le projet pétrolier offshore GranMorgu au Suriname, estimé à 12 milliards de dollars et porté par TotalEnergies avec ses partenaires, avance comme prévu pour une première production à la mi-2028, selon des déclarations faites le 19 septembre 2026 par le dirigeant de la compagnie étatique Staatsolie.
Le petit État sud-américain se rapproche un peu plus de son ambition de transformer son économie énergétique. Les travaux du projet GranMorgu, le tout premier développement pétrolier offshore du pays, suivent le calendrier établi pour une entrée en production d’ici le milieu de l’année 2028. L’annonce a été officialisée lors d’une visite d’inspection menée sur place.
Un jalon historique pour le secteur énergétique du Suriname
La visite organisée à la Kuldipsingh Port Facility a permis de mettre en lumière les équipements sous-marins déjà acheminés, à l’instar des têtes de puits et des collecteurs jaunes destinés à piloter la production depuis les fonds marins. Annand Jagesar, le directeur de la compagnie publique Staatsolie, a souligné la portée de cette étape pour le pays.
Le Suriname cherche ouvertement à reproduire la trajectoire de son voisin guyanéen, qui s’est imposé en quelques années comme un producteur majeur d’hydrocarbures grâce à des investissements étrangers d’envergure. Bien que de vastes gisements aient été découverts dans les eaux territoriales surinamiennes depuis 2019, le pays n’a encore jamais extrait le moindre baril en mer.
Investissements colossaux et perspectives sur le bloc 58
D’après Patrick Pouyanne, le PDG de TotalEnergies, les entreprises engagées dans le consortium — regroupant TotalEnergies, Staatsolie et APA Corp — ont déjà dépensé environ la moitié de l’enveloppe globale prévue pour le projet GranMorgu. L’investissement total s’élève à 12 milliards de dollars.
Les estimations publiées par Wood Mackenzie évaluent les ressources découvertes du pays à plus de 2,4 milliards de barils de pétrole et de liquides, ainsi qu’à plus de 12,5 trillion cubic feet (TCF) de gaz. Le périmètre principal des opérations se situe au sein du bloc 58, une vaste zone de 1,4 million d’acres qui suscite l’attention internationale en raison de sa proximité immédiate avec le gigantesque bloc Stabroek exploité par ExxonMobil de l’autre côté de la frontière guyanéenne.
De nouveaux forages et l’espoir d’un second projet
L’acheminement des composants fabriqués au Malaysia, notamment les éléments de suspension et les lignes tubulaires, permettra bientôt de relier les puits sous-marins à la plateforme de surface par l’intermédiaire d’un réseau complexe de canalisations. Loin de s’arrêter au premier gisement, les autorités locales ambitionnent déjà d’élargir l’exploitation de la zone.

TotalEnergies prévoit de forer quatre nouveaux puits d’exploration dans le bloc 58 au cours de l’année prochaine. Un optimisme partagé par la direction de Staatsolie, qui regarde déjà vers l’avenir :
Annand Jagesar, directeur de Staatsolie, a déclaré qu’il rêvait d’un deuxième projet, d’un second FPSO (Floating Production Storage and Offloading) dans le bloc 58.
Cette ambition témoigne de la volonté commune des partenaires de maximiser le potentiel énergétique du bloc 58 à travers le développement de nouvelles infrastructures de production.