CY Cergy Paris Université a lancé un incubateur, AKT, pour rapprocher les sciences humaines et sociales de l’économie, en réponse à un déséquilibre entre leur poids dans la recherche et leur présence dans les projets incubés.

Une disparité dans l’innovation
Le décalage s’explique par la difficulté à valoriser les résultats des sciences humaines, qui produisent rarement des technologies brevetables. « Les sciences humaines restent peu présentes dans les incubateurs, car leurs résultats prennent rarement la forme d’un objet technologique », explique Christelle Ventura, directrice adjointe de CY Transfer, l’organisme chargé de la valorisation de la recherche. AKT s’efforce de transformer ces connaissances en projets entrepreneuriaux via des méthodes, protocoles ou outils pédagogiques, plutôt que des brevets.
Relier l’académie et l’industrie
Le projet, piloté par CY Transfer, vise à rapprocher les enseignants-chercheurs des entreprises. « AKT réunit des chercheurs en économie, psychologie ou droit avec des porteurs de projets extérieurs, afin de co-développer des solutions adaptées aux besoins des entreprises », précise Isabelle Hoefkens, directrice adjointe de CY Transfer. Des recherches en sciences humaines peuvent ainsi nourrir des secteurs comme l’éducation, les industries culturelles ou l’économie sociale et solidaire.
Des projets concrets pour transformer les savoirs
AKT accompagne actuellement une quinzaine de projets, dont huit sont incubés. Un exemple concret est Positive Performances France, une entreprise issue de recherches en psychologie et économie, qui aide les organisations à concilier performance durable et santé mentale au travail. Cette entreprise, déjà active en Islande, illustre la vocation d’AKT : transformer les savoirs académiques en initiatives entrepreneuriales.
Par exemple, des psychologues peuvent étudier l’interaction entre un enfant et un jouet, ou des économistes évaluer l’acceptabilité sociale de projets. Ces approches, bien que non technologiques, offrent des leviers d’innovation pour les entreprises.
Les défis de l’innovation non technique
Le projet, cofinancé par CY Transfer, s’inscrit dans une démarche plus large de valorisation des savoirs non technologiques.
Une vision plus large pour valoriser les connaissances
Avec 8 projets en incubation, le programme vise à démontrer que les savoirs non technologiques ont une valeur économique tangible.