L’été 2026 a coûté 2,1 milliards de francs à la Suisse en pertes de productivité selon l’Union des villes suisses, marqué par des vagues de chaleur intenses, des perturbations du travail et des centaines de décès excédentaires recensés entre juin et septembre.
Pertes de productivité et impact sur l’emploi en Suisse
Les températures exceptionnelles enregistrées au cours de l’été 2026 ont lourdement pesé sur l’économie suisse. Une étude de l’Union des villes suisses estime la perte de productivité du travail entre juin et août à 2,1 milliards de francs. Ce calcul se base sur un modèle développé par l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) et extrapolé à partir des relevés thermiques de MétéoSuisse.
Le stress thermique perturbe directement le repos nocturne des salariés, accentue la fatigue et ralentit le rythme d’exécution. Les centres urbains supportent une part prépondérante de cette facture économique en raison de la forte contrainte thermique et de leur poids dans le tissu productif.
Les communes urbaines et les agglomérations en première ligne
Les 172 localités classées comme villes ont enregistré des pertes de productivité totalisant 1,3 milliard de francs, selon les calculs relayés par la presse. Si les quinze plus grandes municipalités affichent les montants les plus élevés en valeur absolue, les petites villes des agglomérations affichent quant à elles les taux de perte les plus marqués.

Les communes situées dans les cantons de Bâle-Campagne, de Soleure et d’Argovie subissent particulièrement ces répercussions. Birsfelden, dans le canton de Bâle-Campagne, arrive en tête du classement avec un taux de perte estimé à 2,47%.
Dégâts agricoles et intempéries de fin d’été
L’agriculture suisse a également payé un lourd tribut aux conditions météorologiques de la saison. L’assureur agricole Suisse Grêle évalue les dommages aux cultures jusqu’à fin septembre à 52,9 millions de francs. La grêle représente près de la moitié de ce montant, tandis que la sécheresse est responsable de 45% des pertes financières assurées.
Parallèlement, les violentes tempêtes et chutes de grêle survenues fin août ont provoqué près d’un milliard de francs de dommages assurés pour les particuliers, d’après l’Association suisse d’assurances. L’ASA indique que plus de 100’000 véhicules ont été endommagés, et le canton de Zurich a recensé à lui seul environ 20’000 cas de dégâts aux bâtiments.
Conséquences sanitaires et perspectives économiques
Au-delà des chiffres macroéconomiques, l’Office fédéral de la statistique a recensé 600 décès excédentaires entre juin et septembre, touchant même les personnes de moins de 65 ans. De leur côté, les estimations d’Allianz Trade chiffrent l’impact global de la canicule sur l’économie suisse à 400 millions de francs, soit environ 0,05% du produit intérieur brut.
Face à la récurrence de ces épisodes, une analyse des risques prévoit pour la période 2030-2035 une baisse de performance économique oscillant entre 5,31% et 7,32% en raison de la chaleur, de la sécheresse et des inondations, soulignant la nécessité d’investir dans l’adaptation et la prévention.