Le film Digger, réalisé par Alejandro González Iñárritu et porté par Tom Cruise, enregistre une chute de 60 % de ses recettes lors de son deuxième week-end d’exploitation aux États-Unis. Avec des pertes estimées à 245 millions de dollars par la production, ce projet s’impose comme un échec financier historique pour Warner Bros.
Une dégringolade brutale au box-office américain
La comédie noire a débuté sa course dans les salles nord-américaines le 2 octobre 2026. Mais c’est la semaine suivante que la chute s’est confirmée avec une baisse de 60 % de sa billetterie. Aux États-Unis, le film n’a cumulé que 14,4 millions de dollars, tandis que sa diffusion à l’international porte le total mondial à seulement 35,3 millions de dollars.
Face à ces résultats jugés décevants par les exploitants, les estimations du secteur relayées par le magazine Variety évaluent le gouffre financier à 245 millions de dollars de pertes nettes pour le studio. Des analystes comparent déjà cette débâcle à celle du film de science-fiction John Carter, qui avait fait perdre 263 millions de dollars à Disney en 2012.
Le pari raté du cinéma d’auteur pour Tom Cruise
Pour ce projet, l’acteur a choisi de s’éloigner des films d’action à grand spectacle qui ont jalonné sa carrière ces vingt dernières années, à l’instar de la franchise Mission : Impossible – The Final Reckoning sortie en 2025. Sous la direction du réalisateur mexicain Alejandro González Iñárritu, il incarne un magnat du pétrole décrit comme grotesque et vieillissant, responsable d’une catastrophe climatique au Groenland avant de tenter de sauver le monde.
Le budget initial de production, évalué à 125 millions de dollars, a glissé entre 160 et 180 millions de dollars en raison de retards de tournage. À cette somme s’ajoutent environ 100 millions de dollars de dépenses marketing mondiales. Pour atteindre la rentabilité, la production espérait engranger entre 300 et 350 millions de dollars de recettes.
La stratégie audacieuse de Warner Bros face aux critiques négatives
Les critiques professionnelles se sont montrées particulièrement divisées, le cinéaste étant qualifié par Euronews Culture comme l’auteur à la fois du film le plus audacieux et du ratage le plus débridé de l’année. D’autres critiques comme Philip De Semlyen de TimeOut ont loué chaque instant loufoque, tandis que William Bibbiani de TheWrap a qualifié le film de galimatias obséquieux.
Pour tenter d’inverser la tendance, le studio Warner Bros a pris le parti de capitaliser sur ces réactions hostiles, à l’instar de David Lynch et de son distributeur pour le film Lost Highway en 1997.
Merci à l’ensemble des acteurs et de l’équipe pour leur dévouement, leur travail acharné et leur enthousiasme. Cette expérience a été véritablement inoubliable et je suis très fier de ce que nous avons créé.
Tom Cruise, acteur principal
Des soutiens de poids et un changement d’ère chez Warner Bros
Malgré l’accueil glacial du grand public, plusieurs personnalités du cinéma se sont mobilisées pour saluer le courage d’un tel film, à l’instar de Jane Fonda, Guillermo del Toro et Mandy Patinkin. De son côté, le réalisateur Ben Affleck a comparé l’acharnement médiatique autour du film à du harcèlement au lycée
lors de son passage dans le podcast Happy Sad Confused animé par Josh Horowitz.
Cette contre-performance commerciale survient à un moment charnière pour Warner Bros. Le studio finalise son actualité au moment où le rachat par Paramount s’apprête à se clore, impliquant de nouveaux dirigeants comme Dana Goldberg et Josh Greenstein pour superviser les activités cinématographiques sous la houlette de David Ellison, tandis que Michael De Luca et Pamela Abdy quittent leurs fonctions.
