Publié le 17 août 2024. Une récente fusillade lors d’un concert à Lima a ravivé les inquiétudes concernant la montée de la criminalité au Pérou et pourrait entraîner la destitution de la présidente Dina Boluarte, confrontée à une vague de motions de censure.
- Cinq motions de censure ont été déposées au Parlement péruvien contre la présidente Dina Boluarte suite à la fusillade survenue lors d’un concert.
- Le gouvernement Boluarte est critiqué pour son incapacité à endiguer la recrudescence de la criminalité, notamment les homicides et les extorsions.
- Les chiffres officiels révèlent une augmentation significative des homicides et des plaintes pour extorsion au cours des premiers mois de 2024.
La présidente péruvienne Dina Boluarte est sous pression après qu’un homme a ouvert le feu mercredi lors d’un concert du groupe de cumbia Agua Marina, blessant cinq personnes. Cet incident a servi de catalyseur à une nouvelle offensive parlementaire visant à la destituer de ses fonctions. Jeudi, cinq motions de censure ont été déposées devant le Congrès, une initiative soutenue par presque toutes les factions législatives, contrairement aux huit tentatives précédentes.
Pour qu’une motion de censure soit débattue, elle doit obtenir 56 voix sur les 130 membres du Parlement monocaméral. Si le débat est ouvert, 87 voix seront nécessaires pour destituer la présidente Boluarte, qui a accédé au pouvoir en décembre 2022 après la destitution de son prédécesseur par le même processus parlementaire.
Le gouvernement de Dina Boluarte peine à inverser la tendance à la hausse de la criminalité. Mercredi, la présidente a partiellement attribué cette situation à l’immigration illégale, déclarant :
« Ce crime couve depuis des décennies et a été renforcé par l’immigration clandestine, que les administrations précédentes n’ont pas vaincue. Au lieu de cela, ils ont ouvert les portes de nos frontières et permis aux criminels d’entrer partout… sans aucune restriction. »
Dina Boluarte, Présidente du Pérou
Les statistiques officielles sont alarmantes : entre janvier et mi-août, 6 041 personnes ont été tuées, le nombre le plus élevé enregistré pour cette période depuis 2017. De plus, 15 989 plaintes pour extorsion ont été enregistrées entre janvier et juillet, soit une augmentation de 28 % par rapport à la même période en 2023.
Le Premier ministre Eduardo Arana a défendu la présidente Boluarte lors d’une audience parlementaire sur la criminalité jeudi, mais cela n’a pas suffi à dissuader les législateurs de poursuivre les motions de censure. Il a déclaré aux parlementaires :
« Les préoccupations du Parlement ne sont pas résolues en traitant une demande de destitution, et encore moins en l’approuvant. Nous ne nous accrochons pas à nos positions. Nous sommes ici et nous savions depuis le début que notre premier jour ici pourrait aussi être notre dernier jour au pouvoir. »
Eduardo Arana, Premier ministre du Pérou
