Publié le 26 mai 2024 14:25:00. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a réaffirmé le rejet par Téhéran de toute reconnaissance d’Israël, tout en exprimant une méfiance persistante envers les engagements israéliens en matière de cessez-le-feu à Gaza. L’Iran se montre néanmoins ouvert à une proposition américaine sur son programme nucléaire, tout en jugeant inutiles des négociations avec les pays européens.
- Abbas Araqchi a fermement condamné Israël, le qualifiant de “régime d’occupation” responsable de “génocide”.
- Téhéran maintient son soutien à un cessez-le-feu à Gaza, mais exprime de sérieux doutes quant à la fiabilité d’Israël.
- L’Iran se dit prêt à examiner une proposition nucléaire américaine “juste et équilibrée”, mais écarte l’idée de négocier avec les puissances européennes.
Dans une interview accordée à la télévision d’État iranienne, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré avec fermeté :
« L’Iran ne reconnaîtra jamais un régime d’occupation qui a commis un génocide et tué des enfants. »
Abbas Araqchi, ministre iranien des Affaires étrangères
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, notamment concernant le conflit israélo-palestinien.
Araqchi a également exprimé une profonde méfiance envers Israël en ce qui concerne le respect du cessez-le-feu en cours à Gaza, soulignant que des accords similaires avaient été violés par le passé, notamment au Liban.
« Il n’y a aucune confiance dans le régime sioniste »
Abbas Araqchi, ministre iranien des Affaires étrangères
, a-t-il affirmé, mettant en garde contre les “rusés et les trahisons” d’Israël.
Malgré cette hostilité affichée, l’Iran continue d’appuyer un cessez-le-feu à Gaza, considérant qu’il est nécessaire de mettre fin aux “crimes” commis contre la population civile.
« Nous avons toujours soutenu tout plan ou mesure qui mettrait fin à ces crimes contre la population de Gaza, mettrait fin à ce génocide. »
Abbas Araqchi, ministre iranien des Affaires étrangères
Sur le front nucléaire, Araqchi a indiqué que Téhéran était ouvert à une éventuelle proposition américaine “juste et équilibrée”, tout en jugeant qu’il n’y avait aucune raison de négocier avec les pays européens (Grande-Bretagne, Allemagne et France). Il a précisé que des échanges de messages étaient en cours entre Téhéran et Washington par l’intermédiaire de médiateurs.
« Que peuvent-ils (la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France) faire ? Et à quel résultat positif cela pourrait-il conduire ? Nous ne voyons pas vraiment de raison de négocier avec eux. »
Abbas Araqchi, ministre iranien des Affaires étrangères
L’Iran a été soumis à des sanctions internationales en raison de son programme nucléaire. Le 29 septembre dernier, les Nations Unies ont rétabli ces sanctions, à l’initiative de la Troïka européenne. En juin dernier, une confrontation militaire entre l’Iran et Israël, qui a duré 12 jours, a entraîné la mort de responsables militaires iraniens et de scientifiques liés au programme nucléaire, ainsi que de nombreux civils. Cette escalade s’est terminée après des frappes américaines ciblant des sites nucléaires iraniens.
Il est à noter que, selon des déclarations antérieures, l’ancien président américain Donald Trump avait laissé entendre, fin septembre, que l’Iran pourrait rejoindre les Accords d’Abraham, des accords de normalisation des relations entre Israël et plusieurs pays arabes.
