Publié le 18 novembre 2025 à 23:09:00. La France insoumise entend profiter de sa niche parlementaire pour tenter d’abroger la loi Duplomb, un texte agricole controversé adopté en mars dernier et contesté par plus de deux millions de citoyens.
- LFI dénonce des articles « dangereux » de la loi, notamment le retour de l’acétamipride et la promotion des méga-bassines.
- Le groupe parlementaire propose d’interdire l’importation de produits contenant des néonicotinoïdes non autorisés en France et de mieux accompagner les agriculteurs.
- La loi Duplomb-Menonville, validée par le Conseil constitutionnel avec certaines réserves, visait à répondre aux demandes du monde agricole.
La France insoumise (LFI) a annoncé qu’elle consacrera sa niche parlementaire du 27 novembre à la présentation d’une proposition de loi visant à abroger intégralement la loi Duplomb-Menonville. Ce texte, adopté au printemps 2025 grâce à l’article 49.3 de la Constitution, a suscité une forte opposition, notamment à travers une pétition ayant recueilli « plus de 2 millions de signatures », selon LFI.
Le groupe insoumis estime que cette mobilisation citoyenne ne peut être ignorée et qu’il est impératif que les députés se prononcent sur « l’avenir de notre agriculture et de notre santé environnementale ». LFI critique vivement le contenu de la loi, dénonçant la présence de « nombreux articles dangereux ». Parmi ceux-ci, le groupe cite en particulier « le retour de l’acétamipride dans les champs, la promotion des méga-bassines d’irrigation ou la concentration de l’élevage dans des fermes-usines ».
La proposition de loi, portée par le député Loïc Prud’homme, prévoit deux mesures principales : l’interdiction de l’importation de produits agricoles contenant des néonicotinoïdes non autorisés en France, et le renforcement de l’accompagnement des agriculteurs face aux contraintes environnementales.
Le texte sera d’abord examiné par la commission des affaires économiques le 18 novembre, avant d’être débattu en séance plénière lors de la niche parlementaire de LFI le 27 novembre.
LFI se positionne comme le fer de lance de « la bataille contre la loi Duplomb », défendant un « protectionnisme solidaire », une « transition agroécologique » et une « relocalisation de l’alimentation ».
La loi Duplomb-Menonville, adoptée au printemps 2025, avait pour objectif de répondre aux revendications des organisations agricoles, en complément de la loi d’orientation agricole du 24 mars 2025. Le texte a subi d’importantes modifications lors de son parcours parlementaire, et plusieurs décrets d’application restent à venir.
Le Conseil constitutionnel a validé la procédure d’adoption de la loi, mais a censuré les dispositions autorisant des dérogations à l’interdiction des néonicotinoïdes, jugeant ces dérogations trop larges et contraires au droit à un environnement sain, tel que garanti par la Charte de l’environnement.
La loi prévoyait initialement d’autoriser, sous conditions strictes, l’utilisation de l’acétamipride, un insecticide interdit en France depuis 2018 mais autorisé au niveau européen jusqu’en 2033. La version finale interdit les plantations attirant les pollinisateurs sur les parcelles traitées, maintient le comité des solutions chargé de trouver des alternatives aux pesticides, recentre le conseil agricole sur les distributeurs de produits phytosanitaires et interdit la production et la commercialisation de substances actives refusées par l’Union européenne à partir du 1er janvier 2026.
Elle modifie également les procédures environnementales encadrant les grands élevages et accorde, sous certaines conditions, un intérêt général majeur aux retenues d’eau agricoles, tout en préservant la possibilité de recours devant les tribunaux. Enfin, la loi renforce le rôle du préfet dans les contrôles effectués par l’Office français de la biodiversité et généralise l’utilisation de caméras individuelles pour les inspecteurs de l’environnement.
