Publié le 8 décembre 2025. Des scientifiques ont observé pour la première fois l’évasion atmosphérique spectaculaire d’une planète géante située à 200 années-lumière de la Terre, grâce au télescope spatial James Webb. Cette découverte offre de nouvelles perspectives sur la formation des atmosphères planétaires et la recherche de mondes potentiellement habitables.
- Le télescope spatial James Webb a détecté un immense nuage d’hélium, une « exosphère », s’étendant sur près de dix fois le rayon de la planète WASP-107b.
- Cette exoplanète, classée comme une « super-bouffée », présente une densité inhabituellement faible pour sa taille.
- L’étude de cette évasion atmosphérique pourrait aider à comprendre comment les atmosphères planétaires évoluent et à identifier les conditions nécessaires à l’habitabilité.
Une équipe internationale de chercheurs, issue des universités McGill, de Chicago, de Genève et de Montréal, a utilisé l’instrument NIRISS (Near-Infrared Imager and Slitless Spectrograph) du télescope Webb pour observer WASP-107b. Les données recueillies révèlent une perte d’atmosphère particulièrement intense, créant un nuage d’hélium gigantesque qui précède la planète lors de son passage devant son étoile, un phénomène appelé « transit ».
WASP-107b, située à environ 200 années-lumière, est une exoplanète gazeuse de type « super-bouffée », caractérisée par un rayon important pour une masse relativement faible. Cette particularité la rend propice à l’étude de son atmosphère. Les observations suggèrent également la présence d’eau, confirmant des indications antérieures obtenues grâce au télescope spatial Hubble.
Les scientifiques estiment que la composition atmosphérique de WASP-107b pourrait être liée à son histoire migratoire. La planète se serait formée loin de son étoile actuelle avant de se rapprocher, ce qui expliquerait la volatilité de son atmosphère.
« Nous avons constaté que la quantité d’oxygène dans l’atmosphère de WASP-107b est supérieure à ce à quoi nous nous attendrions si elle s’était formée sur son orbite la plus proche actuelle. L’existence d’une autre planète, WASP-107c, qui est beaucoup plus éloignée que WASP-107b, a peut-être joué un rôle dans cette migration »,
Caroline Piaulet-Ghorayeb, co-auteure de l’étude, Université de Chicago
L’analyse de l’atmosphère de WASP-107b révèle également un « mélange vertical » important, où des molécules provenant des couches profondes de l’atmosphère remontent vers les couches supérieures. Ce processus est crucial pour la formation des nuages d’eau et la régulation du climat, comme c’est le cas sur Terre.
« Ce soi-disant ‘mélange vertical’ est un facteur clé dans la formation des nuages d’eau et dans la régulation des conditions météorologiques sur Terre »,
Caroline Piaulet-Ghorayeb, co-auteure de l’étude, Université de Chicago
Cette étude, publiée le 1er décembre 2025 dans la revue Nature Astronomy sous le titre « Continuous helium absorption in the leading and trailing tails of WASP-107b », contribue à une meilleure compréhension de l’évolution des atmosphères planétaires et des processus qui rendent une planète habitable. Elle ouvre de nouvelles pistes pour la recherche de planètes capables d’abriter la vie.
