Publié le 17 octobre 2025 à 14h51. Un tribunal d’Anvers a donné son feu vert pour l’extradition vers l’Inde du diamantaire Mehul Choksi, impliqué dans une vaste fraude bancaire, marquant une étape décisive dans les efforts de New Delhi pour le ramener au pays.
- Le tribunal d’Anvers a validé l’arrestation de Mehul Choksi et la demande d’extradition formulée par l’Inde.
- Choksi, arrêté en avril dernier, a la possibilité de faire appel de cette décision, mais la procédure d’extradition est désormais engagée.
- L’Inde a présenté des preuves substantielles de fraude et de détournement de fonds, ainsi que des garanties concernant les conditions de détention en cas d’extradition.
La justice belge a donc estimé que l’arrestation de Mehul Choksi, intervenue le 11 avril dernier à Anvers suite à une demande d’extradition du Bureau central d’enquête (CBI) indien, était légale. Le tribunal a jugé que les accusations portées contre lui, notamment des fraudes bancaires massives, justifiaient une procédure d’extradition.
Choksi, âgé de 65 ans, est incarcéré en Belgique depuis plus de quatre mois. Ses tentatives répétées pour obtenir une libération sous caution ont toutes échoué. Il risque maintenant d’être transféré en Inde pour y être jugé.
L’extradition est demandée pour des chefs d’accusation incluant la conspiration criminelle (article 120 B du Code pénal indien), la destruction de preuves (article 201), l’abus de confiance criminel (article 409), la fraude (article 420), la falsification de comptes (article 477A), ainsi que des accusations de corruption (articles 7 et 13 de la loi sur la prévention de la corruption). Ces infractions sont également reconnues comme crimes en Belgique, conformément au traité d’extradition entre les deux pays, qui prévoit une double incrimination.
L’Inde a également invoqué la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (UNTOC) et la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC) pour étayer sa demande.
Pour convaincre les autorités belges, le CBI a envoyé à plusieurs reprises des équipes d’enquêteurs en Belgique et a fait appel à un cabinet d’avocats européen. Les enquêteurs indiens ont présenté des preuves documentaires détaillées concernant six fraudes bancaires présumées commises par Choksi entre 2018 et 2022, pour un montant total avoisinant les 13 000 crore de roupies (environ 150 millions d’euros). Le tribunal a estimé qu’il existait un risque de fuite.
Le gouvernement indien a par ailleurs assuré aux autorités belges que, en cas d’extradition, Choksi serait détenu dans des conditions respectueuses des normes européennes, notamment à la caserne n° 12 de la prison d’Arthur Road à Mumbai, conforme aux exigences du Comité pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT). Il bénéficierait également d’un accès à l’eau potable, à une alimentation adéquate, à des soins médicaux, à la presse et à la télévision, ainsi que la possibilité de consulter un médecin privé et ne serait pas soumis à l’isolement.
Choksi continue de clamer son innocence et affirme avoir renoncé à sa citoyenneté indienne le 14 décembre 2018, après avoir acquis la nationalité antiguayenne le 16 novembre 2017. Cependant, les enquêteurs indiens contestent cette affirmation et le considèrent toujours comme un citoyen indien recherché pour une fraude dépassant 950 millions de dollars.
L’enquête indienne avait suivi Choksi jusqu’en Belgique en juillet dernier, avant de formuler une demande d’extradition officielle auprès des autorités belges.
