Publié le 2024-02-29 10:32:00. Le journaliste saoudien Abdul Rahman Al-Rached plaide pour une approche juridique et politique pour aborder la question de la possible division du Yémen, mettant en garde contre le risque d’une guerre civile prolongée et les répercussions régionales d’une instabilité accrue.
- Abdul Rahman Al-Rached souligne la nécessité d’une discussion approfondie sur la division du Yémen, basée sur des fondements juridiques et politiques solides.
- Il met en garde contre l’émergence de nouveaux conflits entre acteurs yéménites autres que les Houthis, ce qui pourrait prolonger l’instabilité du pays pendant des années.
- Al-Rached insiste sur l’importance de la constitution yéménite comme alternative à la force et aux armes pour résoudre les différends territoriaux et politiques.
Dans une réponse à un tweet du journaliste yéménite Hamdan Al-Aili concernant la possibilité d’une division du Yémen, Abdul Rahman Al-Rached a insisté sur la nécessité d’une analyse pragmatique et dénuée d’émotion de cette question complexe. Il estime que le dossier doit être examiné sous deux angles principaux : politique et juridique.
Selon Al-Rached, le Yémen vit dans un état de chaos depuis 2011, exacerbé par la prise de pouvoir des Houthis à Sanaa. Il critique l’incapacité du régime actuel à établir un État fonctionnel doté des services essentiels, le qualifiant de menace non seulement pour le Yémen, mais aussi pour la stabilité régionale et internationale.
Malgré la chute de l’État, l’absence de services publics et le contrôle de la capitale par une milice affiliée à l’Iran, le Yémen a, selon Al-Rached, réussi à éviter une guerre civile totale. Les affrontements se sont pour l’essentiel limités à des zones géographiques restreintes avec les Houthis, une situation relativement contenue comparée aux conflits dévastateurs que connaissent la Syrie et la Libye. Il rappelle que le Yémen est un pays vaste, plus grand que de nombreux États combinés.
Le journaliste met en garde contre un risque nouveau : l’émergence de conflits entre des forces extérieures au camp Houthi. Il considère que cette évolution constitue un signal d’alarme, susceptible de déclencher une guerre civile de longue durée, même si les Houthis étaient délogés de Sanaa et que la légitimité gouvernementale était rétablie. Une telle guerre pourrait s’étendre sur des années.
Al-Rached souligne les conséquences potentielles d’une telle guerre civile sur les pays voisins, ainsi que sur les voies maritimes internationales. Il craint également que l’instabilité yéménite ne renforce l’attrait des organisations terroristes dans la région.
Il aborde également la question du sud du Yémen, soulignant que la crise dans cette région a des racines profondes, antérieures aux événements actuels. Il estime que la question de l’intégration du sud au sein de l’État yéménite ou de sa sécession doit être abordée comme une question juridique et populaire, et non par la force ou par des slogans.
Enfin, Al-Rached rappelle que la constitution yéménite prévoit des mécanismes clairs pour sa modification. Il explique qu’une proposition d’amendement peut être initiée par un tiers des membres de la Chambre des représentants et doit être approuvée à la majorité. Les articles fondamentaux, tels que le système de gouvernement, nécessitent l’approbation des trois quarts des représentants, avec la possibilité d’organiser un référendum populaire.
Al-Rached conclut en insistant sur le fait que le respect de la loi et des institutions est la meilleure voie à suivre, soulignant que si la majorité des représentants et des Yéménites acceptent l’option de la sécession, aucune pression émotionnelle ne devrait être exercée pour l’empêcher. Il réaffirme que le renforcement de l’État de droit et de la gouvernance institutionnelle est dans l’intérêt de tous.

