Publié le 23 novembre 2023 à 16h12. Le dollar américain accuse une forte baisse, porté par des anticipations d’assouplissement monétaire et les pressions exercées par l’administration américaine pour une réduction des taux d’intérêt, tandis que d’autres devises, comme le yen et le dollar australien, profitent de ce contexte.
- Le dollar américain est en passe d’enregistrer sa plus forte baisse hebdomadaire depuis quatre mois.
- Le yen s’est renforcé face au dollar, soutenu par un ton plus ferme de la Banque du Japon.
- L’euro et le franc suisse sont influencés par l’évolution des négociations de paix en Ukraine.
Les marchés des changes sont marqués par une volatilité accrue cette semaine, exacerbée par le congé de Thanksgiving aux États-Unis qui a réduit les volumes d’échanges. Dans ce contexte, le dollar américain subit des pressions à la baisse, les investisseurs anticipant un revirement de la politique monétaire américaine.
L’indice du dollar américain, bien qu’ayant légèrement progressé de 0,1% à 99,65, a reculé par rapport à son plus haut de six mois atteint la semaine précédente. Il affiche une baisse de 0,54% sur l’ensemble de la semaine. Cette faiblesse du dollar est alimentée par les spéculations concernant une possible nomination de Kevin Hassett, conseiller économique de la Maison Blanche favorable à une baisse des taux, à la tête de la Réserve fédérale.
Plusieurs experts recommandent aux investisseurs de reconsidérer leurs allocations de devises. Mark Haifele, directeur des investissements chez UBS Global Wealth Management, conseille notamment de privilégier l’euro et le dollar australien. Selon Themos Fiotakis, responsable de la stratégie monétaire mondiale chez Barclays, « Nous avons traversé une période où l’Europe a clairement bénéficié des différentiels de taux d’intérêt et des attentes de croissance par rapport aux Etats-Unis », mais il nuance en ajoutant que « certaines de ces hypothèses sont désormais remises en question. Le coût élevé de l’euro en est une des raisons, mais la force et la durabilité de l’économie américaine en sont une autre raison. »
Parallèlement, le yen a gagné 0,11% pour atteindre 156,27 yens pour un dollar, encouragé par un discours plus agressif des responsables de la Banque du Japon. Francesco Pesoli, expert en devises à la banque ING, estime que « Cela pourrait constituer un environnement attrayant pour les autorités japonaises souhaitant intervenir sur le taux de change dollar/yen ». Il ajoute toutefois que « il se peut qu’il y ait encore une préférence pour une intervention après la publication de données négatives pour le dollar, et l’arrêt de la hausse de la paire pourrait avoir supprimé une partie du sentiment d’urgence. »
L’euro a légèrement reculé de 0,13% à 1,1581 $, après avoir atteint un plus haut d’une semaine et demie à 1,1613 $. Les négociations en cours pour un accord de paix en Ukraine influencent également les marchés. L’arrivée prévue de l’envoyé américain Steve Witkoff à Moscou la semaine prochaine est scrutée de près, bien que Moscou ait déjà indiqué qu’elle ne ferait pas de concessions majeures. Un accord de paix pourrait exercer une pression à la baisse sur le franc suisse, traditionnellement considéré comme une valeur refuge en période de tensions géopolitiques, mais les analystes ne relèvent pas encore de signes concrets d’un tel scénario.
Le dollar a atteint son plus bas niveau en une semaine face au franc suisse, à 0,8028, avant de se stabiliser à 0,8060, en hausse de 0,20%. Le dollar néo-zélandais a quant à lui bondi à un sommet de trois semaines à 0,5728 $, en hausse d’environ 2% suite à un changement de ton de la banque centrale néo-zélandaise, qui a laissé entendre que le cycle de baisse des taux d’intérêt pourrait être terminé. Le dollar australien a également progressé après la publication de données d’inflation plus élevées que prévu, renforçant les anticipations d’un arrêt du cycle d’assouplissement monétaire.
Enfin, la Banque populaire de Chine a maintenu une certaine stabilité du yuan à 7,08 par rapport au dollar grâce à des interventions de stabilisation.
