Publié le 29 octobre 2025 18:32:00. Des habitants de la ville de Cork, en Irlande, ont intenté une action en justice contre les autorités compétentes, craignant une contamination de leur eau potable par le manganèse, malgré les assurances officielles quant à sa potabilité.
- Des résidents de plusieurs quartiers de Cork poursuivent en justice Uisce Éireann (la société nationale de l’eau) et l’Agence de protection de l’environnement (EPA).
- Ils contestent les critères utilisés pour déclarer l’eau potable, estimant qu’une eau claire après décoloration ne garantit pas l’absence de manganèse dangereux.
- L’affaire souligne des dépassements répétés des seuils de manganèse depuis l’été 2022 et une réponse jugée insuffisante par les plaignants.
L’action en justice, déposée cette semaine devant la Haute Cour, remet en question la méthode employée par Uisce Éireann et l’EPA pour évaluer la qualité de l’eau. Les plaignants soutiennent que se fier à la clarté de l’eau comme indicateur de sécurité est une approche trop simpliste, car le manganèse peut être présent à des niveaux préoccupants sans altérer l’apparence de l’eau.
Le manganèse est un élément naturellement présent dans les roches et les sols, et donc dans les nappes phréatiques. Bien que nécessaire en petites quantités pour la santé humaine, une exposition prolongée à des niveaux élevés peut entraîner des troubles neurologiques et des problèmes de développement, en particulier chez les nourrissons et les enfants. La présence de manganèse peut également donner à l’eau un goût désagréable et une couleur brunâtre, souvent le premier signe visible d’une contamination.
Depuis l’été 2022, plusieurs quartiers de Cork ont signalé à plusieurs reprises une eau de couleur brune. Uisce Éireann a mis en œuvre un programme de « rinçage » des canalisations, quartier par quartier, pour éliminer les dépôts accumulés, considérant cela comme la cause du problème. Cependant, les plaignants estiment que cette mesure corrective est inadéquate et demandent à l’EPA de la rejeter.
Elaine Eager et Daniel O’Shea, résidents du quartier de Mount Farran à Blackpool, ont déposé la plainte avec le soutien des Amis de l’Environnement Irlandais (FIE). Ils mettent en avant 61 dépassements des seuils de manganèse enregistrés entre août 2024 et juillet 2025, qu’ils interprètent comme un signe que Uisce Éireann ne gère pas efficacement la situation et que l’EPA manque à son devoir de surveillance.
Ils dénoncent également un manque d’information du public concernant les risques potentiels pour la santé liés à la consommation d’eau contaminée par le manganèse.
« Uisce Éireann continue d’assurer aux habitants que l’eau est potable dès qu’elle redevient claire, ce qui est tout simplement inexact. »
Tony Lowes, directeur des Amis de l’Environnement Irlandais (FIE)
Ils critiquent également le fait que l’EPA n’ait pas consulté le Health Service Executive (HSE), le service de santé public irlandais, et ait traité le problème uniquement comme une question de décoloration de l’eau, ignorant ainsi le risque pour la santé publique.
L’EPA a déclaré qu’elle ne pouvait pas commenter la procédure judiciaire en cours, mais a précisé que le plan d’action corrective proposé par Uisce Éireann comprenait des mesures allant au-delà du simple rinçage des canalisations. L’agence a également souligné qu’Uisce Éireann est tenue de consulter le HSE en cas de niveaux élevés de manganèse dans l’eau potable et de prendre les mesures de suivi appropriées, un protocole qu’elle assure suivre activement.
Uisce Éireann a indiqué qu’il ne serait pas approprié de commenter une affaire en cours devant les tribunaux.
