Publié le 30 octobre 2025 à 00h25. Une étude menée auprès de plus de 14 000 adultes italiens suggère que les agonistes des récepteurs GLP-1 pourraient induire une rémission du diabète de type 2, avec des bénéfices potentiels sur les risques cardiovasculaires et microvasculaires.
- Une proportion significative de patients diabétiques de type 2 traités par agonistes des récepteurs GLP-1 peuvent entrer en rémission.
- La définition de la rémission influence considérablement les taux observés, une approche équilibrée (R3) semblant offrir les meilleurs résultats.
- La perte de poids et l’amélioration des paramètres métaboliques sont associées à une rémission plus probable.
Des chercheurs ont analysé les données de plus de 14 000 patients atteints de diabète de type 2 (DT2) en Italie pour évaluer l’impact des agonistes des récepteurs du peptide-1 (GLP-1RA) sur la rémission de la maladie. Le DT2, un trouble métabolique en expansion mondiale, peut entraîner de graves complications à long terme si il n’est pas efficacement pris en charge.
La rémission du DT2, définie comme un retour à des niveaux normaux de glycémie sans recours à des médicaments, est devenue un objectif thérapeutique de plus en plus ambitieux, notamment grâce aux interventions favorisant une perte de poids significative. Les GLP-1RA, une classe de médicaments agissant sur la régulation de la glycémie, se sont révélés prometteurs pour réduire la glycémie, les risques cardiovasculaires et rénaux, ainsi que le poids corporel.
L’étude GLP-1RA for Simplification in Diabetes (GLIMPLES) a collecté des données rétrospectives issues des dossiers médicaux électroniques de patients ayant débuté un traitement par GLP-1RA entre janvier 2010 et janvier 2022. Les chercheurs ont évalué la rémission selon quatre définitions différentes (R1 à R4), prenant en compte ou non l’utilisation continue des GLP-1RA et l’introduction de nouveaux médicaments hypoglycémiants.
Les résultats ont révélé que la durée moyenne de suivi était de quatre ans. Les taux de rémission variaient considérablement selon la définition utilisée : 5,8 % (R1), 6,2 % (R2), 12,2 % (R3) et 18,3 % (R4). Le délai médian pour atteindre la rémission était d’environ six mois dans tous les cas. La rémission était plus durable avec les définitions R3 (9,3 mois) et R4 (10,1 mois) qu’avec R1 (6,5 mois) et R2 (6,6 mois).
L’étude a également mis en évidence des différences de perte de poids selon le type de GLP-1RA utilisé : sémaglutide (3,9 kg), exénatide (3,3 kg), dulaglutide (3,1 kg), liraglutide (3 kg) et lixisénatide (2,8 kg). Bien qu’aucun GLP-1RA ne se soit démarqué de manière systématique, le dulaglutide a montré des associations positives avec les définitions R1, R2 et R3, tandis que le sémaglutide était corrélé négativement avec R1 et R2. Les chercheurs soulignent toutefois que ces différences ne permettent pas de conclure à une supériorité d’un médicament sur l’autre en raison des changements de traitement et des périodes de disponibilité variables.
Les patients ayant une durée de diabète plus courte, un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé, moins de complications et une utilisation initiale plus faible d’insuline ou d’inhibiteurs du SGLT2 étaient plus susceptibles d’entrer en rémission. Les personnes ayant obtenu une rémission ont présenté des améliorations modestes mais significatives du poids corporel (–2 kg), de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) (–0,9 à –1,0 %), de la tension artérielle (–1 à –2 mmHg) et des triglycérides (–15 mg/dL) dans toutes les définitions de rémission.
En termes de résultats rénaux et cardiovasculaires, les modifications du débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) étaient similaires dans toutes les définitions. Cependant, la définition R3 était associée à une progression plus lente du rapport albumine/créatinine urinaire (UACR) (~ 30 % de moins). L’apparition d’une microangiopathie était également moins fréquente chez les participants ayant atteint la rémission selon les définitions R1 à R3 (12 à 16 % de moins), ce qui suggère un potentiel effet de « mémoire métabolique ». De plus, R3 était associé à une réduction des événements cardiovasculaires (HR 0,65), bien qu’il n’y ait pas eu de différence significative en termes de macroangiopathie.
Selon les chercheurs, la définition R3 apparaît comme la plus équilibrée, offrant un taux de rémission modéré (12,2 %), une durabilité plus longue (9,3 mois) et de meilleurs résultats microvasculaires et cardiovasculaires. Ils soulignent toutefois que cette étude présente certaines limites, notamment sa conception rétrospective, l’absence de données sur la mortalité et le potentiel biais lié à l’arrêt du traitement non guidé par un protocole.
Référence du journal :
- Fadini GP, Giaccari A, Broglio F et al. (2025). Rémission du diabète de type 2 après l’initiation des agonistes des récepteurs GLP-1 : fréquence, caractéristiques et résultats en utilisant plusieurs définitions dans une étude observationnelle. The Lancet Régional Santé – Europe 59, 101499. https://doi.org/10.1016/j.lanepe.2025.101499
