Publié le 9 janvier 2026 14h45. La région Lombardie envisage de rendre accessibles à un prix contrôlé des médicaments initialement conçus pour le diabète, mais également efficaces contre l’obésité, afin de lutter contre les inégalités d’accès aux soins et les pathologies liées au surpoids.
- La région Lombardie prévoit de proposer des médicaments agonistes des récepteurs GLP-1 à un prix maîtrisé, mais uniquement aux personnes dont l’obésité présente un risque pour la santé.
- Ces médicaments, déjà utilisés dans le traitement du diabète de type 2, agissent en ralentissant la vidange gastrique et en réduisant l’appétit.
- L’initiative vise à pallier le coût élevé de ces traitements, qui peut atteindre 200 à 300 euros par mois, et à réduire les disparités sociales en matière de santé.
Longtemps considérés comme une solution de dernier recours, voire comme un simple moyen d’améliorer l’esthétique, les médicaments agonistes des récepteurs GLP-1 suscitent un intérêt croissant. Arrivés sur le marché il y a quelques années, ils se sont rapidement répandus, malgré leur coût élevé. Aujourd’hui, la région Lombardie souhaite rendre ces traitements plus accessibles, mais en ciblant spécifiquement les patients dont l’obésité est liée à des problèmes de santé.
Le projet, décrit dans une « Résolution réglementaire » approuvée fin décembre, s’inscrit dans une stratégie plus globale de lutte contre l’obésité. Celle-ci combine la promotion de modes de vie sains, le soutien à l’activité physique, des conseils nutritionnels et, désormais, l’utilisation de ces médicaments. Ces derniers ont démontré leur efficacité non seulement dans la gestion de la glycémie chez les diabétiques, mais aussi dans la perte de poids en agissant sur la sensation de faim et la vitesse de digestion.
Actuellement, le Service National de Santé (SNS) rembourse ces médicaments uniquement pour les personnes atteintes de diabète de type 2. Les médecins peuvent également les prescrire aux patients souffrant d’obésité ou de surpoids qui n’ont pas réussi à perdre du poids par d’autres moyens, mais dans ce cas, le patient doit assumer la totalité des frais. Cette situation crée une inégalité d’accès, particulièrement prégnante chez les populations les plus vulnérables, où l’obésité est souvent plus fréquente. Une étude de l’ATS de Milan a d’ailleurs mis en évidence une corrélation entre la pauvreté, les conditions sociales, le niveau d’éducation et les comportements alimentaires néfastes chez les hommes.
Pour mettre en œuvre cette nouvelle politique, les autorités lombardes envisagent de confier à Aria, l’agence régionale d’innovation et d’achats, la tâche de négocier des prix plus avantageux avec les laboratoires pharmaceutiques. Les médicaments seraient ensuite disponibles en pharmacie à un tarif maîtrisé, avec des réductions ou une prise en charge totale pour les personnes les plus démunies. La région étudiera également quelle molécule privilégier et attendra éventuellement l’arrivée sur le marché de formes orales de ces traitements.
La sélection des bénéficiaires se fera en fonction de leur indice de masse corporelle (IMC) et de la présence d’autres pathologies associées. Par ailleurs, la région entend renforcer les actions de prévention et de promotion de l’activité physique, en s’appuyant sur les médecins de famille et les maisons communautaires pour offrir un accompagnement nutritionnel adapté.
