Publié le 20 novembre 2023. Les accusations de faux diplômes visant le président indonésien Joko Widodo ont pris une nouvelle tournure, les principaux suspects rejetant toute tentative de médiation et dénonçant une instrumentalisation politique de l’affaire.
- Roy Suryo, Tifauziah Tyassuma (docteur Tifa) et Rismon Hasiholan Sianipar ont refusé la médiation proposée par Joko Widodo.
- L’avocat de Roy Suryo dénonce un acte criminel de la part du président et une tentative de criminalisation de ses clients par les enquêteurs.
- La Commission nationale d’accélération de la réforme de la police a reçu une proposition de médiation, mais l’issue de la procédure semble incertaine.
L’affaire des diplômes présumés falsifiés attribués au président indonésien Joko Widodo continue de faire des vagues. Roy Suryo, un observateur politique bien connu, ainsi que Tifauziah Tyassuma, plus connue sous le nom de docteur Tifa, et Rismon Hasiholan Sianipar, ont officiellement rejeté l’offre de médiation émanant du chef de l’État. Selon leur défense, l’initiative présidentielle est perçue comme une tentative de dissimuler un acte criminel et ne saurait donc être résolue par un simple accord amiable.
Ahmad Khozinudin, l’avocat représentant les trois suspects, a déclaré aux journalistes que ses clients considèrent les actions de Joko Widodo comme une infraction pénale. Il a également exprimé son opposition à toute intervention de la Commission nationale d’accélération de la réforme de la police dans cette affaire, insistant sur la nécessité de la maintenir dans le domaine strictement juridique. Il a souligné l’importance de ne pas politiser le dossier.
« Il s’agit d’une affaire juridique et il ne peut y avoir aucune intervention institutionnelle qui transforme cette affaire juridique en une affaire politique »,
Ahmad Khozinudin, avocat de Roy Suryo et al.
L’avocat a également dénoncé un manque de professionnalisme de la part des enquêteurs, citant en exemple l’abandon de l’enquête initiée par l’équipe de défense des oulémas et des activistes (TPUA) concernant les allégations de faux diplômes. Il a souligné le contraste avec la poursuite de l’enquête lancée par Joko Widodo lui-même auprès de la police métropolitaine de Jakarta, qui a conduit à la mise en examen de son client.
« Nous ne pouvons donc pas être injustes, dans l’affaire Jokowi, cela se poursuit, tandis que les rapports publics liés aux plaintes concernant de faux diplômes sont arrêtés », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, M. Khozinudin a exprimé son scepticisme quant à la possibilité d’une médiation fructueuse, rappelant que Joko Widodo n’a jamais participé aux précédentes tentatives de médiation dans d’autres affaires. Il a même remis en question la crédibilité du frère du président.
« Surtout quand vous voyez le frère de Joko Widodo, vous ne pouvez jamais le croire sur parole »,
Ahmad Khozinudin, avocat de Roy Suryo et al.
La proposition de médiation avait initialement été soumise à la Commission nationale d’accélération de la réforme de la police par Faizal Assegaf, un observateur politique, lors d’une réunion au PTIK à Jakarta. Jimly Asshidiqie, le président de la commission, a expliqué que l’idée était de présenter Joko Widodo comme plaignant et Roy Suryo et ses co-accusés comme accusés dans le cadre d’une tentative de résolution à l’amiable.
Jimly Asshidiqie a rapporté que M. Assegaf avait suggéré : « Comment ne pas envisager une médiation ? Essayons de voir s’ils sont disposés à y participer : Joko Widodo et sa famille, ainsi que Roy Suryo et les autres. »
(tfq/enfant)
