Publié le 5 janvier 2026 10:57:00. Le service fédéral de renseignement allemand (BND) espionnait régulièrement les communications de Barack Obama lorsqu’il était président des États-Unis, révélant une nouvelle fois les tensions persistantes entre alliés en matière de surveillance.
- Le BND surveillait les appels téléphoniques de Barack Obama à bord d’Air Force One.
- Cette surveillance était possible en raison d’un manque de cryptage des communications présidentielles.
- Angela Merkel n’était pas au courant de ces opérations, qui n’avaient pas reçu d’autorisation officielle.
Selon une enquête du quotidien allemand Zeit, le Bundesnachrichtendienst (BND), le service de renseignement extérieur allemand, interceptait régulièrement les conversations de Barack Obama durant son mandat présidentiel. Ces écoutes ciblaient spécifiquement les communications établies à bord d’Air Force One, l’avion présidentiel américain.
L’opération était rendue possible par une vulnérabilité dans le système de communication d’Air Force One, qui n’était pas suffisamment sécurisé. Bien que les conversations d’Obama aient été diffusées sur plusieurs fréquences, le BND était en mesure de les intercepter. Le journaliste d’investigation Holger Starks, auteur de l’article, précise que cette surveillance n’avait pas été autorisée par les autorités compétentes.
L’affaire soulève des questions sur le niveau de connaissance au sein de la chancellerie allemande. Selon les informations disponibles, Angela Merkel, chancelière de l’époque, n’était pas informée de ces activités d’espionnage. Ce silence est d’autant plus significatif que, en 2013, un scandale similaire avait éclaté lorsque le Spiegel avait révélé que la National Security Agency (NSA) américaine espionnait le téléphone portable de la chancelière. À l’époque, Angela Merkel avait exprimé sa vive préoccupation à Barack Obama, déclarant :
« Si cela s’avérait vrai, cela mettrait à mal les relations amicales entre nos deux pays. »
Angela Merkel, Chancelière allemande (2005-2021) Il s’était rapidement avéré que Barack Obama était au courant de ces écoutes.
L’incident rappelle également que, en 2014, les services de renseignement allemands avaient également surveillé Hillary Clinton, alors secrétaire d’État américaine. Cette pratique avait été interrompue sur ordre du chef de cabinet de la chancellerie, et depuis lors, le BND n’a plus surveillé directement l’avion présidentiel américain. Il n’est pas encore établi si le prédécesseur d’Obama, George W. Bush, avait également été la cible de cette surveillance.
Les États-Unis exploitent également une station d’écoute au sein de leur ambassade à Berlin, un point de friction récurrent dans les relations bilatérales.

