La Côte d’Ivoire se rend aux urnes ce samedi pour choisir son prochain président, alors que l’actuel chef de l’État, Alassane Ouattara, brigue un quatrième mandat. Près de 9 millions d’électeurs sont appelés à voter dans un contexte de tensions politiques et de préoccupations économiques persistantes.
L’ouverture des bureaux de vote, prévue à 8h00 heure locale (08h00 GMT), s’est déroulée dans une ambiance animée, notamment dans le quartier populaire de Treichville où certains électeurs étaient présents dès 6 heures du matin, témoignant d’une forte mobilisation, selon nos correspondants.
Alassane Ouattara, 83 ans, affronte quatre autres candidats : Simone Ehivet Gbagbo, ancienne Première dame ; Jean-Louis Billon, ancien ministre du Commerce ; Ahoua Don Mello, ingénieur civil et candidat indépendant panafricain ; et Henriette Lagou, qui s’était déjà présentée à l’élection présidentielle de 2015. Tous ont promis de relancer l’emploi et de moderniser les politiques agricoles.
La Côte d’Ivoire affiche une croissance économique de 6 % par an, portée par la production de cacao, dont elle est le premier producteur mondial. Cependant, plus de 37,5 % de ses 30 millions d’habitants vivent encore dans la pauvreté, et l’accès à l’emploi reste difficile, en particulier pour les jeunes.
Une victoire d’Alassane Ouattara prolongerait son règne à la tête du pays à près de deux décennies. Son parti, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), dispose d’une large majorité au Parlement avec 169 sièges sur 255.
La campagne électorale a été marquée par des contestations suite à l’invalidation des candidatures de figures importantes comme Tidjane Thiam, ancien dirigeant de Credit Suisse, et Laurent Gbagbo, ancien président (2000-2010). Leurs partisans ont manifesté, entraînant l’arrestation de plusieurs centaines de personnes et l’emprisonnement de dizaines d’autres. Ces troubles ravivent le souvenir des crises post-électorales de 2010-2011, qui avaient fait au moins 3 000 morts, et de 2020, qui avait causé la mort d’une centaine de personnes.
Afin de prévenir de nouvelles violences, le gouvernement a interdit les rassemblements devant les sièges des partis politiques et a déployé plus de 40 000 agents de sécurité à travers le pays. Le dépouillement des votes débutera immédiatement après la fermeture des bureaux de vote à 18h00, mais les résultats officiels ne sont pas attendus avant le début de la semaine prochaine.
