Publié le 8 octobre 2025 à 19h01. Une épidémie de maladies virales, dont le chikungunya et la dengue, inquiète les autorités sanitaires de la province de Matanzas, particulièrement dans les municipalités de Cárdenas et de Santa Marta, où les cas se multiplient et les habitants dénoncent un manque de ressources et de réactivité.
- Une augmentation significative des cas de fièvre élevée, de vomissements, de diarrhée et de douleurs intenses est signalée à Cárdenas et Santa Marta.
- Les habitants témoignent d’une pénurie de médicaments essentiels et de réactifs pour les tests diagnostiques.
- Malgré l’annonce de mesures renforcées, la population exprime son scepticisme quant à leur efficacité et réclame plus de transparence.
La province de Matanzas est confrontée à une recrudescence de maladies virales transmises par le moustique Aedes aegypti. Si les autorités sanitaires affirment que la situation est « sous contrôle », les témoignages recueillis sur le terrain peignent un tableau bien plus préoccupant. Les municipalités de Cárdenas et de Santa Marta sont particulièrement touchées, avec une propagation rapide des symptômes fébriles et un sentiment d’impuissance croissant parmi la population.
Selon les habitants de Santa Marta, interrogés par le journaliste José Luis Tan Estrada, la situation est alarmante. Plusieurs foyers signalent des cas de maladie dans plus de la moitié des habitations. Un témoin a déclaré :
« Il y a des malades dans une maison sur deux. »
Habitant de Santa Marta
Les habitants réclament une intervention plus rapide et plus visible des autorités face à cette dégradation du contexte épidémiologique.
Les symptômes observés sont sévères : températures dépassant les 40 °C, maux de tête intenses, lésions buccales et œdèmes aux genoux, aux bras et aux yeux, entraînant une faiblesse extrême et parfois des évanouissements. Les familles soulignent également la persistance de séquelles après la phase aiguë de la maladie, limitant la mobilité et prolongeant l’inconfort.
À Cárdenas, l’activiste Kiryat Poey a souligné que l’accumulation d’ordures dans les rues aggrave la situation et favorise la prolifération des vecteurs de transmission. La pénurie de médicaments de base, tels que les antipyrétiques et les analgésiques, est également une source de préoccupation majeure pour les familles et les soignants.
Bien que les autorités aient annoncé l’envoi de renforts au centre de soins après des semaines de plaintes, l’agitation citoyenne persiste en raison de la lenteur de la réponse et du manque d’informations publiques.
La municipalité de Cárdenas a mis en place cette semaine un système de travail « intensif et mieux organisé » pour faire face à la situation complexe liée aux arbovirus, avec une cartographie des risques par les conseils populaires et la mobilisation des organisations et de la population dans une campagne globale de contrôle. Cependant, les habitants restent sceptiques quant à la traduction concrète de ces mesures sur le terrain.
À Santa Marta, les habitants estiment que les soins médicaux sont insuffisants compte tenu de l’ampleur de l’épidémie et demandent des éclaircissements sur l’identification de l’agent pathogène en circulation. Les autorités sanitaires n’ont pas encore officiellement confirmé le type de virus ni l’étendue des mesures de contrôle.
Les responsables locaux de la santé affirment que la situation est « sous contrôle », une évaluation qui contraste avec la perception de ceux qui vivent dans des rues insalubres et constatent une augmentation des symptômes fébriles chez leurs voisins. Les autorités sanitaires de Matanzas n’ont pas encore publié de rapport consolidé avec des chiffres précis par municipalité, mais ont assuré qu’aucun décès n’a été enregistré en raison de l’épidémie actuelle. Elles reconnaissent toutefois que 13 municipalités présentent une circulation du chikungunya et 12 maintiennent une transmission active de la dengue, à l’exception du marais de Zapata.
