Publié le 15 janvier 2026 à 22h06. Les propos d’un ancien élu américain, pressenti pour le poste d’ambassadeur à Reykjavik, ont suscité l’indignation en Islande, ravivant les craintes liées aux ambitions stratégiques des États-Unis dans la région arctique.
- Billy Long, ancien membre du Congrès et candidat à l’ambassade d’Amérique en Islande, a plaisanté sur la possibilité d’intégrer l’île au territoire américain.
- Le ministère islandais des Affaires étrangères a sollicité des éclaircissements auprès de l’ambassade américaine, tandis qu’une pétition réclame le rejet de la nomination de M. Long.
- Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions géopolitiques, notamment concernant les intérêts américains au Groenland.
Des remarques jugées déplacées ont provoqué une vive réaction en Islande. Billy Long, soixante-dix ans, a laissé entendre lors d’échanges avec des législateurs que l’Islande pourrait devenir le 52e État des États-Unis, et qu’il en serait le gouverneur. L’information a été rapportée par le média Politico.
Le ministère islandais des Affaires étrangères a rapidement pris contact avec l’ambassade américaine pour vérifier l’exactitude de ces propos, selon The Guardian. Parallèlement, une pétition en ligne a été lancée, rassemblant en quelques heures plus de 3 200 signatures, exigeant que la nomination de Billy Long soit rejetée par la ministre islandaise des Affaires étrangères, Þórdís Kolbrún Reykjalín Gunnarsdóttir.
La pétition souligne que, bien que pouvant être interprétées comme une simple plaisanterie, les paroles de M. Long sont offensantes pour l’Islande et son peuple, qui a lutté pour préserver sa liberté et s’est toujours montré un allié des États-Unis.
M. Long s’est ensuite défendu en publiant une déclaration aux médias islandais, présentant ses excuses pour ses propos. Il a précisé qu’il s’agissait d’une blague échangée lors d’une conversation sur l’envoyé spécial de Donald Trump au Groenland, Jeff Landry.
« Ce n’était rien de grave. J’étais avec des gens que je n’avais pas vus depuis trois ans et ils plaisantaient sur le fait que Landry était le gouverneur du Groenland, puis ils ont commencé à faire des blagues sur moi, et si cela a offensé quelqu’un, alors je suis désolé. »
Billy Long, ancien membre du Congrès américain
Il a réitéré ses excuses et demandé à ce que ses paroles ne soient pas prises au sérieux, affirmant son désir de collaborer avec le peuple islandais.
Cependant, les autorités islandaises ont exprimé leur mécontentement, soulignant le caractère inopportun de cette plaisanterie à un moment où l’administration américaine est accusée de menacer l’intégrité territoriale du Groenland. Le député islandais Sigmar Guðmundsson a déclaré qu’il était crucial de comprendre que les considérations de sécurité invoquées par les États-Unis concernant le Groenland s’appliquent également à l’Islande, compte tenu de la position géographique stratégique des deux îles.
« Il est clair que cela est extrêmement grave pour un petit pays comme l’Islande. Nous devons comprendre que les arguments sécuritaires évoqués par les Américains à propos du Groenland doivent également s’appliquer à l’Islande. Il s’agit de la localisation de ces deux îles. »
Sigmar Guðmundsson, député islandais
M. Guðmundsson a également dénoncé un manque croissant de respect de la part des États-Unis envers la souveraineté des petits États, tout en réaffirmant l’importance des relations amicales entre l’Islande et les États-Unis, notamment au sein de l’OTAN. Il a insisté sur la nécessité pour l’Islande de définir ses propres intérêts en matière de sécurité dans un contexte mondial en mutation.
