Le Pakistan s’apprête à renforcer la coordination de ses forces armées en instaurant un nouveau poste de chef des forces de défense, une initiative qui intervient après des tensions récentes avec l’Inde et vise à moderniser la structure de commandement militaire du pays.
Un projet de loi constitutionnel, le 27e amendement, a été présenté au Parlement samedi et propose de modifier l’article 243 de la Constitution, qui régit les forces armées. Selon ce texte, le Président nommera le chef de l’armée et le chef des forces de défense sur recommandation du Premier ministre. Le chef d’état-major de l’armée, qui cumulera également la fonction de chef des forces de défense, sera responsable de la nomination du chef du Commandement stratégique national, en concertation avec le Premier ministre. Ce dernier sera issu des rangs de l’armée pakistanaise.
Le projet de loi prévoit également la possibilité pour le gouvernement de promouvoir des officiers aux grades de maréchal, de maréchal de l’air et d’amiral de la flotte. Le titre de maréchal deviendra à vie, conférant un statut permanent à ceux qui le reçoivent.
Le mandat actuel du président du Comité des chefs d’état-major conjoints prendra fin le 27 novembre 2025, comme le stipule le projet de loi.
Cette réforme serait, selon les médias locaux, une réponse aux leçons tirées des affrontements de mai dernier avec l’Inde et à la nécessité d’une approche plus intégrée face à l’évolution de la guerre moderne. En avril, l’Inde avait lancé l’opération Sindoor en réponse à une attaque terroriste à Pahalgam, ciblant des infrastructures terroristes sur le territoire pakistanais. Quatre jours de combats intenses ont suivi, aboutissant à un accord de cessation des hostilités le 10 mai.
Le maréchal de l’air indien AP Singh a affirmé qu’au moins une douzaine d’avions militaires pakistanais, dont des F-16 américains, auraient été détruits ou endommagés lors de ces frappes. L’Inde affirme que le Pakistan a sollicité un cessez-le-feu après avoir subi des pertes significatives sur ses infrastructures militaires.
Suite à ces événements, le général Asim Munir, chef de l’armée pakistanaise, a été promu au rang de maréchal, devenant ainsi le deuxième officier de ce grade dans l’histoire du Pakistan.
Outre les modifications concernant les forces armées, le 27e amendement constitutionnel propose la création d’une Cour constitutionnelle fédérale, une réforme du processus de nomination des juges de la Haute Cour et une modification du seuil d’accès aux cabinets provinciaux.
Le ministre de la Justice, Azam Nazeer Tarar, a présenté le projet de loi au Sénat, la chambre haute du Parlement, après son approbation par le cabinet. Il a précisé qu’il contenait 49 articles et abordait cinq domaines principaux, répartis en trois axes et deux aspects secondaires.
Le président du Sénat, Yousuf Raza Gillani, a renvoyé le texte aux commissions permanentes du droit et de la justice pour un examen approfondi. Il a suggéré que les deux commissions puissent se réunir conjointement pour accélérer le processus et présenter un rapport à la Chambre.
Ali Zafar, chef de l’opposition Tehreek-e-Insaf, a exprimé son désaccord quant à la discussion de cet amendement constitutionnel en l’absence d’un chef de l’opposition désigné. Il a accusé le gouvernement et ses alliés de vouloir précipiter l’adoption du projet de loi. « Je suggérerais que ce Sénat se transforme en comité dans son ensemble », a-t-il déclaré, proposant une discussion ouverte avec tous les membres.
M. Zafar a souligné que l’opposition n’avait reçu le projet de loi que samedi et n’avait pas eu le temps de l’examiner. « Nous ne pouvons pas débattre de quelque chose que nous n’avons pas lu », a-t-il insisté.
Plus tôt dans la journée, le Premier ministre Shehbaz Sharif avait présidé une réunion du cabinet par visioconférence depuis l’Azerbaïdjan. Selon PTV News, le cabinet fédéral a approuvé et salué le projet du 27e amendement constitutionnel.
