Publié le 7 novembre 2025 00:27:00. Des études récentes mettent en lumière un paradoxe sur les réseaux sociaux : si ces plateformes offrent un espace d’échange précieux pour les patients souffrant d’allergies et d’asthme, elles sont également un terrain fertile pour la désinformation, avec des conséquences potentiellement dangereuses pour la santé.
- Une analyse des vidéos sur le syndrome alpha-gal (SAG) révèle que les contenus médicaux, bien que plus appréciés, restent minoritaires face aux témoignages personnels.
- Sur TikTok, plus d’un quart des vidéos sur l’asthme contiennent des informations inexactes ou trompeuses, souvent plus populaires que les contenus fiables.
- Les experts soulignent la nécessité d’une présence accrue de professionnels de la santé sur les réseaux sociaux pour contrer la propagation des mythes et améliorer l’information du public.
De l’allergie à la viande rouge déclenchée par les piqûres de tiques à la gestion quotidienne de l’asthme, les réseaux sociaux sont devenus une source d’information privilégiée pour des millions de personnes. Cependant, une nouvelle recherche présentée lors de la réunion scientifique annuelle de l’American College of Allergy, Asthma and Immunology (ACAAI) à Orlando, aux États-Unis, révèle un problème croissant : si ces plateformes permettent aux patients de partager leurs expériences, elles amplifient également la diffusion de fausses informations, et les messages les plus viraux ne sont pas toujours les plus exacts.
Une première étude s’est concentrée sur le syndrome alpha-gal (SAG), une affection en augmentation causée par les morsures de tiques Lone Star, qui peut provoquer de graves réactions allergiques à la viande. Les chercheurs ont analysé les 100 vidéos les plus vues sous le hashtag « alphagal » et ont constaté que seulement 15 d’entre elles avaient été créées par des médecins, et que la majorité de ces derniers n’étaient pas des allergologues. Paradoxalement, les vidéos réalisées par des professionnels de la santé ont obtenu plus de « likes » et de commentaires que celles produites par des non-médecins, qui avaient tendance à être plus courtes et basées sur des anecdotes personnelles. Ces résultats soulignent le potentiel des allergologues à diffuser des informations précises et pertinentes sur un espace où les patients sont avides de conseils.
« Le syndrome alpha-gal est déroutant pour les patients, et beaucoup se tournent vers les réseaux sociaux pour obtenir des éclaircissements. Si les témoignages personnels sont précieux, il existe également une grande quantité de désinformation. Lorsque des allergologues et d’autres médecins interviennent, leur contenu trouve un écho, ce qui suggère une réelle opportunité d’améliorer la compréhension du public. »
Nadia Hamid, MD, membre de l’ACAAI, allergologue et auteure principale de l’étude
Une seconde étude a examiné les vidéos TikTok consacrées à l’asthme, une maladie beaucoup plus répandue. Sur les 40 vidéos en anglais les plus populaires publiées en 2024 sous le hashtag #asthma, plus d’une sur quatre contenait des allégations inexactes ou trompeuses. Parmi les mythes les plus préoccupants, on retrouve l’idée que l’asthme peut être guéri grâce à des exercices de respiration, ou encore que la combinaison de caféine et d’inhalateurs contre l’asthme pourrait être fatale. Il est particulièrement inquiétant de constater que ces vidéos trompeuses étaient plus populaires, recueillant trois fois plus de « likes » que les vidéos exactes.
La plupart des vidéos sur l’asthme ont été créées par des non-médecins, et leur qualité globale était jugée faible. Selon les chercheurs, cela reflète à la fois l’attrait du public pour les contenus anecdotiques sur la santé et le manque de présence des professionnels de la santé sur cette plateforme.
« TikTok et d’autres plateformes offrent des opportunités incroyables pour toucher les patients là où ils se trouvent », explique Ishitha Jagadish, MD, interne en médecine et auteure principale de l’étude. Mais à l’heure actuelle, la désinformation sur l’asthme est non seulement répandue, mais elle est aussi plus captivante que le contenu précis. Nous avons besoin de davantage d’experts en allergies et en asthme en ligne pour proposer un contenu engageant et fondé sur des preuves scientifiques.
En conclusion, ces deux études mettent en évidence à la fois les promesses et les dangers des réseaux sociaux en tant que source d’information sur la santé. Les témoignages de patients peuvent apporter un soutien précieux et créer un sentiment de communauté, mais sans la présence active de professionnels de la santé, les mythes se propagent rapidement et peuvent avoir des conséquences néfastes sur les comportements en matière de santé.
Titre du résumé : The Tick Talks : une analyse qualitative du contenu #AlphaGal sur une plateforme de partage de vidéos sociales
Présentatrice : Nadia Hamid, MD
Titre du résumé : La désinformation devient virale : évaluation du contenu TikTok lié à l’asthme
Présentatrice : Ishitha Jagadish, MD
