Vanuatu défend son accord de police avec la Chine face aux critiques australiennes
Le ministre de l’Intérieur de Vanuatu affirme que l’Australie doit respecter la souveraineté de son pays et son plan de signer un nouvel accord de police avec la Chine. Il a critiqué le ministre australien du Pacifique, Pat Conroy, pour ses commentaires sur cette proposition controversée.
Andrew Napuat s’est rendu à Pékin la semaine dernière pour des réunions avec le ministre chinois de la sécurité publique, Wang Xiaohong. Il a déclaré aux médias vanuatais que les deux pays signeraient prochainement un protocole d’accord (MOU) concernant l’aide policière chinoise à la nation insulaire.
Des sources diplomatiques à Vanuatu ont indiqué qu’il n’était pas encore certain que le protocole d’accord serait approuvé. Mercredi, M. Conroy a semblé minimiser son importance, se référant aux “commentaires d’un ministre particulier de Vanuatu”.
M. Napuat a réagi vivement à ces remarques, affirmant que M. Conroy semblait suggérer qu’il agissait seul. Il a déclaré : “Ce sont le genre de commentaires qui montrent l’arrogance et l’ignorance de nos amis concernant ce que nous déclarons en tant que gouvernement.” Il a souligné que la décision d’explorer un tel accord était une décision collective du gouvernement vanuatais, et non l’initiative d’un seul ministre.
L’Australie exprime une forte préoccupation face à l’expansion de la présence policière chinoise dans le Pacifique et a rappelé l’engagement des dirigeants du Forum des îles du Pacifique (PIF) en faveur d’une “approche familiale du Pacifique en matière de paix et de sécurité”.
M. Napuat a reconnu le respect des nations du Pacifique pour les déclarations du PIF, mais a insisté sur le droit souverain de chaque pays à prendre ses propres décisions. Il a déclaré que l’accord avec la Chine visait à formaliser une coopération déjà existante et ne prévoyait pas une présence policière chinoise permanente à Vanuatu.
Vanuatu coopère avec la Chine en matière de police depuis 2014 et a signé un accord d’équipement policier en 2022. Cette année, les équipes de formation chinoises ont accru leur présence sur le terrain.
M. Napuat a également souligné que les discussions de Vanuatu avec la Chine sur la police n’étaient pas liées aux négociations en cours avec l’Australie concernant l’accord de Nakamal, et que les responsables australiens avaient été informés du protocole d’accord.
Il a ajouté que les préoccupations en matière de sécurité de Vanuatu, notamment le renforcement des capacités policières et la lutte contre le changement climatique, pouvaient différer de celles de ses partenaires, et que les intérêts de ces partenaires ne correspondaient pas nécessairement aux besoins du Vanuatu.
Les discussions entre l’Australie et Vanuatu concernant l’accord de Nakamal, qui vise à renforcer la coopération en matière de sécurité et de développement, reprennent après l’annulation d’une cérémonie de signature prévue avant la visite du Premier ministre australien Anthony Albanese début septembre. Le Premier ministre vanuatais, Jotham Napat, avait exprimé des réserves concernant certaines clauses limitant les investissements étrangers dans les infrastructures critiques, mais s’était déclaré confiant dans la possibilité de parvenir à un accord.
M. Albanese a récemment écrit à M. Napat pour faire le point sur les progrès de l’accord. Il reste à voir si les deux pays parviendront à un compromis sur le texte final, mais des sources des deux côtés affirment qu’ils souhaitent parvenir à un accord dans un avenir proche.
