Publié le 22 novembre 2025 à 12h30. En 1968, un ouvrier irlandais a défié la mort en se faisant enterrer vivant pendant 61 jours, dans l’espoir de décrocher un record du monde et d’assurer l’avenir de sa famille. Une histoire méconnue, révélée par un documentaire, qui témoigne d’une époque où l’audace et la précarité se mêlaient.
- Michael Meaney, un maçon du comté de Tipperary, a passé 61 jours enterré dans un cercueil à Londres.
- L’exploit visait à battre un record d’endurance et à obtenir une récompense financière.
- Malgré la publicité, Meaney n’a pas tiré profit de son aventure et a connu une fin amère.
En 1968, avant l’ère des réseaux sociaux et des défis viraux, un homme a tenté de marquer l’histoire d’une manière pour le moins inhabituelle. Michael “Mick” Meaney, un Irlandais d’une quarantaine d’années, a accepté de se faire enterrer vivant dans un cercueil en bois, équipé de quelques commodités rudimentaires, dans le but de battre un record d’endurance. L’opération, orchestrée par l’entrepreneur de cirque Butty Sugrue, s’est déroulée à Kilburn, dans le nord de Londres, attirant l’attention de centaines de curieux.
Mick Meaney, père de famille, était un homme typique de sa génération, dévoué à sa femme et à ses enfants. Confronté aux difficultés économiques de l’époque, il a vu dans ce défi une opportunité de changer sa vie.
« Je ne pensais qu’à l’argent. Tout pour nous sortir de la misère. »
Michael Meaney
Pendant 61 jours, Meaney a vécu dans un espace confiné, recevant sa nourriture et ses besoins essentiels par un tube. Une petite salle de bain avait été aménagée à l’intérieur du cercueil. Il s’est entretenu, a lu et a même suivi une routine d’exercices physiques, tout en étant observé par une foule de spectateurs. L’événement a été largement médiatisé, et Meaney espérait que cette performance lui ouvrirait les portes de la célébrité et de la fortune.
Sa fille, Mary, se souvient d’un père ambitieux, qui rêvait de devenir boxeur, mais dont les aspirations ont été brisées par un accident à la main.
« Je savais que la réponse aurait été NON ! »
Mary Meaney
Elle raconte qu’il a gardé son projet secret pour sa femme, craignant sa désapprobation. C’est en écoutant la radio qu’elle a découvert l’incroyable aventure de son mari.
Selon Mary, son père représentait une génération d’Irlandais qui travaillaient dur pour offrir une vie meilleure à leurs familles.
« Battre le record du monde lui a fait sentir : « Je suis quelqu’un ». »
Mary Meaney
Le 21 février 1968, le cercueil a été “exhumé” lors d’un événement organisé au pub Admiral Nelson. Meaney est apparu avec une longue barbe, débordant de joie et d’optimisme.
« J’aimerais continuer encore cent jours. Je suis ravi d’être champion du monde. »
Michael Meaney
Malheureusement, les promesses de contrats lucratifs et de richesse se sont avérées illusoires. Butty Sugrue, l’organisateur de l’événement, a gardé tous les bénéfices pour lui. Meaney est rentré chez lui les mains vides, déçu et amer.
« Dans tous les domaines de la vie, il y a des gens qui vous utilisent comme un vampire. »
Mary Meaney
Meaney a finalement trouvé un emploi stable comme fonctionnaire municipal, mais il n’a jamais pu surmonter la déception de cette aventure manquée. Il a regretté d’avoir cru aux promesses de gloire et de fortune.
« Il y a des choses pires que le confinement : la promesse non tenue d’un monde qui vous oublie dès que vous sortez. »
Michael Meaney
L’histoire de Michael Meaney est un témoignage poignant d’une époque où les gens étaient prêts à prendre des risques considérables pour améliorer leur sort. Elle rappelle également les dangers de l’exploitation et de la désillusion. Le Guardian a récemment publié un article sur ce récit extraordinaire, révélé par un nouveau documentaire.

