Publié le 16 février 2024 14:35:00. Le Pérou attend avec intérêt la désignation officielle du nom qui symbolisera l’année 2026, une tradition instaurée pour mettre en avant les valeurs et les priorités nationales, alors que l’année 2025 est dédiée à la mémoire de José Faustino Sánchez Carrión.
- L’année 2026 n’a pas encore de nom officiel, mais celui-ci sera rendu obligatoire dans tous les documents administratifs une fois publié par décret suprême.
- Le gouvernement péruvien a choisi de rendre hommage à José Faustino Sánchez Carrión en dédiant à sa mémoire l’année 2025.
- Cette tradition, initiée en 1963 par l’ancien président Fernando Belaúnde Terry, vise à souligner l’importance de figures historiques et de valeurs nationales.
Chaque année, de nombreux pays à travers le monde adoptent un nom symbolique pour marquer le passage du temps, souvent en lien avec des traditions ancestrales. Au Pérou, cette pratique revêt une signification particulière : elle permet de mettre en lumière les enjeux et les priorités du pays. L’attente est donc forte quant au nom qui sera choisi pour l’année 2026, qui se rapproche à grands pas.
Pour l’heure, le nom officiel de l’année 2026 reste inconnu. Cependant, il est certain que, dès sa publication au Journal officiel par le biais d’un décret suprême, son utilisation deviendra obligatoire pour toutes les administrations publiques dans leurs communications et documents officiels. Le secteur privé, quant à lui, conservera la liberté de l’adopter ou non.
La désignation du nom officiel intervient généralement dans les derniers jours de l’année en cours. Il est donc probable que l’annonce soit faite dans les semaines à venir. En 2025, le Pérou a choisi de rendre hommage à José Faustino Sánchez Carrión, une figure clé du processus d’indépendance du pays, en lui dédiant l’année.
La décision de consacrer l’année 2025 à « l’Année du bicentenaire de José Faustino Sánchez Carrión » a été prise par le gouvernement de Dina Boluarte. Bien que cette décision soit connue depuis plusieurs mois, le décret officiel n’a pas encore été publié. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de reconnaître le rôle essentiel joué par les précurseurs et les idéologues dans la construction de l’identité nationale péruvienne.
Le gouvernement régional de La Libertad a notamment joué un rôle dans cette démarche, en soumettant une proposition à Dina Boluarte visant à mettre en valeur l’importance historique de José Faustino Sánchez Carrión, originaire de cette région. Cette proposition souligne la contribution de Sánchez Carrión à la rédaction de la première Constitution politique du Pérou.
Cette tradition remonte à 1963, lorsque l’ancien président Fernando Belaúnde Terry a décrété que chaque année serait officiellement nommée par le gouvernement en place, afin de souligner des valeurs ou des événements importants pour le pays. Cette mesure visait à renforcer l’identité nationale et à promouvoir les objectifs du gouvernement.
José Faustino Sánchez Carrión est né le 13 février 1787 à Huamachuco, dans le département actuel de La Libertad, et baptisé trois jours plus tard, le 16 février 1787. Il était le fils d’Agustín Sánchez Carrión, un entrepreneur minier et propriétaire de ranchs, et de Teresa Rodríguez y Ledesma.
Son père a occupé divers postes administratifs, notamment celui de maître de poste à Cajamarquilla et Huamachuco, puis celui de maire de Huamachuco en 1805. Après le décès de sa mère en 1802, José Faustino entre au Séminaire royal de San Carlos et San Marcelo à Trujillo, mais le quitte deux ans plus tard pour étudier le droit à Lima.
Sánchez Carrión s’est engagé très tôt dans la vie politique, soutenant José Matías Vázquez de Acuña, comte de Vega del Ren, lors des élections de 1812 aux Cortes de Cadix. En juin 1821, il retourne à Huamachuco suite au décès de son père, puis s’installe à Lima où il devient membre du « Conseil conservateur de la liberté d’imprimerie », présidé par Toribio Rodríguez de Mendoza.
Il est également connu pour ses célèbres lettres signées par le « Solitario de Sayán », dont la première a été publiée en août 1822 dans le journal La Abeja Republicana, qu’il avait fondé avec Francisco Javier Mariátegui.
Après l’installation du Premier Congrès constitutionnel en septembre 1822, il est élu secrétaire de la première table de cette Assemblée et nommé membre de la Commission constitutionnelle aux côtés de figures telles que Toribio Rodríguez de Mendoza, Hipólito Unanue et Francisco Javier Mariátegui.
Il a également été chargé, avec le poète Olmedo, d’inviter Simón Bolívar à poursuivre la guerre d’indépendance, après son séjour au Pérou. En avril 1824, il est nommé ministre général des Affaires du Pérou, puis ministre du Gouvernement et des Relations extérieures en février 1825, participant également à un Conseil gouvernemental avec La Mar et Unanue.

Cal Newport ; Professeur à l’Université de Georgetown