Publié le 24 novembre 2025 16:49:00. Les États européens réaffirment leur rôle central dans les négociations de paix concernant l’Ukraine, exigeant d’être pleinement associés aux discussions sur des questions clés comme les sanctions contre Moscou et l’utilisation des avoirs russes gelés, alors que les États-Unis proposent un nouveau plan de paix.
- Les dirigeants européens insistent pour que l’Union européenne soit impliquée dans les négociations sur les sanctions contre la Russie et la gestion des avoirs de la Banque centrale russe.
- Un plan de paix en 28 points initialement élaboré par les États-Unis, sans participation européenne, a suscité des inquiétudes quant à l’exclusion de l’UE des discussions sur la sécurité.
- Des progrès ont été signalés lors de négociations à Genève, mais des points importants restent à résoudre, notamment concernant les sanctions et l’avenir de l’armée ukrainienne.
L’Union européenne se positionne fermement pour jouer un rôle de premier plan dans les pourparlers de paix concernant l’Ukraine, réclamant une participation pleine et entière aux négociations sur des sujets cruciaux tels que les sanctions économiques imposées à Moscou et l’utilisation des avoirs de la Banque centrale russe gelés sur le territoire européen. Cette prise de position intervient alors que les États-Unis ont présenté un nouveau plan de paix, suscitant des interrogations sur l’influence de l’UE dans ce processus.
Initialement, ces questions sensibles ont été soulevées conjointement avec la demande d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, dans le cadre d’un plan en 28 points élaboré par l’administration américaine. Ce plan, qui prévoyait également des concessions potentielles à la Russie, notamment un veto sur l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et des limitations sur la taille de son armée, a rapidement suscité des inquiétudes en Europe, craignant une exclusion de l’UE des négociations de sécurité majeures.
Des représentants américains, ukrainiens et européens se sont réunis dimanche à Genève pour discuter de ce projet controversé. Le texte a depuis été modifié et devrait continuer d’évoluer dans les jours à venir. Le président du Conseil européen, António Costa, a déclaré lundi après-midi qu’il y avait une nouvelle dynamique
dans ces négociations.
« Les États-Unis et l’Ukraine ont fait état de discussions constructives et de progrès dans plusieurs domaines. Certains points restent ouverts, mais la direction est positive. Mais il est également clair que des questions telles que les sanctions, l’élargissement de l’UE et le gel des avoirs nécessitent la pleine participation de l’UE. »
António Costa, président du Conseil européen
Cette affirmation intervient après une réunion spéciale des dirigeants de l’UE à Luanda, en Angola, en marge d’un sommet UE-Afrique qui a suivi une réunion du G20 en Afrique du Sud. Ces événements ont été quelque peu éclipsés par la pression exercée par l’administration américaine pour parvenir à un accord avant la fin de la semaine, une échéance qui rend de nombreux responsables européens nerveux.
Costa a réaffirmé le soutien inconditionnel de l’UE à l’Ukraine : L’UE continuera à apporter au président Zelensky tout le soutien nécessaire : diplomatique, militaire et économique. La paix ne peut pas être simplement un cessez-le-feu temporaire, mais doit représenter une solution permanente. L’Europe sera aux côtés de l’Ukraine.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également fait état de bons progrès
, tout en soulignant qu’il restait encore beaucoup de travail à accomplir. Elle a précisé qu’un accord de paix ne pourrait limiter la taille de l’armée ukrainienne que si Kiev y consentait, un changement notable par rapport à la position précédente.
Von der Leyen a également réitéré l’importance de préserver l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine et a appelé au retour des enfants ukrainiens enlevés par la Russie.
Réactions aux pourparlers de Genève
L’UE s’efforce de convaincre les États-Unis d’apporter des modifications substantielles au plan initial en 28 points. Le texte original contenait des concessions importantes à la Russie, notamment un droit de veto sur l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, des restrictions sur la taille de l’armée ukrainienne et des concessions territoriales potentielles. De plus, la Russie aurait pu récupérer les avoirs gelés de sa banque centrale et les sanctions auraient été progressivement levées, une perspective inacceptable pour l’Europe, qui réclame depuis longtemps des réparations financières de la Russie.
Les responsables européens ont été particulièrement indignés par l’idée de débloquer les fonds russes gelés, ce qui compromettrait un prêt européen destiné à la reconstruction de l’Ukraine. Plusieurs chefs de gouvernement, dont Ulf Kristersson de Suède et Gitanas Nausėda de Lituanie, ont donc insisté lundi pour une approbation rapide de ce prêt.
« La pression sur la Russie doit être accrue. Les fonds russes gelés en Europe devraient être confisqués et utilisés pour la défense et la reconstruction de l’Ukraine. »
Ulf Kristersson, Premier ministre suédois
Ces exigences ont été formulées lors des négociations de Genève. Les États-Unis et l’Ukraine ont ensuite annoncé des progrès significatifs
et l’émergence d’un nouveau cadre de paix affiné, sans toutefois divulguer de détails. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré que le projet avait évolué et que les questions en suspens pouvaient être résolues, mais qu’il fallait du temps. Le calendrier fixé par l’administration américaine serait flexible.
Des chemins séparés – mais un objectif commun
Ce revirement américain a apporté un certain soulagement en Europe. Lors des réunions de Genève, les représentants de l’UE ont travaillé à modifier les sections les plus problématiques du plan. Un document européen, consulté par Euronews, propose notamment un cessez-le-feu, supprime le droit de veto de la Russie sur la question de l’OTAN et offre des garanties de sécurité similaires à celles de l’OTAN pour l’Ukraine.
Officiellement, l’UE ne parle pas de contre-projet
afin d’éviter toute confrontation avec l’administration américaine. Elle cherche plutôt à influencer le cadre proposé par les États-Unis pour mieux servir les intérêts de l’Ukraine. Le président Zelensky a souligné la nécessité d’une réflexion approfondie sur toute mesure commune.
L’importance de l’engagement européen ne peut être sous-estimée : l’UE est le principal soutien de l’Ukraine, ayant fourni plus de 187 milliards d’euros en aide et entretenant des liens étroits avec le pays. Elle a également soutenu l’ industrie de défense ukrainienne et accueilli quatre millions de réfugiés.
