Publié le 25 novembre 2025 à 22h49. Après une semaine de captivité, les 24 jeunes filles enlevées dans une école du nord-ouest du Nigeria ont été libérées, soulageant le pays face à une nouvelle vague d’attaques ciblant les établissements scolaires.
- Les 24 écolières enlevées dans l’État de Kebbi ont été retrouvées saines et sauves et sont actuellement sous la protection des autorités.
- Le président nigérian Bola Tinubu a salué leur libération et a appelé à un renforcement de la sécurité dans les régions vulnérables.
- Cet incident s’inscrit dans un contexte d’augmentation des enlèvements d’étudiants au Nigeria, avec plus de 1 500 victimes au cours de la dernière décennie.
Les jeunes filles avaient été enlevées le 17 novembre dans l’école secondaire polyvalente pour filles du gouvernement de Maga, dans l’État de Kebbi. Un groupe armé avait fait irruption dans l’établissement pendant la nuit, kidnappant 25 élèves, dont une avait réussi à s’échapper le jour même, selon le directeur de l’école, Moussa Rabi Magji.
Le président Tinubu s’est dit soulagé de la libération des jeunes filles et a insisté sur la nécessité d’intensifier les opérations de sécurité dans les zones où la présence de l’État est faible. Il a également demandé aux forces de l’ordre nigérianes de redoubler de vigilance pour prévenir de nouveaux incidents similaires.
Les autorités de l’État de Kebbi ont précisé que les jeunes filles n’avaient pas encore été restituées à leurs familles, des examens médicaux et des procédures administratives étant en cours avant leur transfert vers la capitale provinciale.
Abdulkarim Abdullahi, un des parents concernés, a déclaré avoir été informé de l’état de sa fille et des démarches entreprises par le gouvernement pour organiser les retrouvailles familiales.
« J’ai été informé de l’état de ma fille et des procédures suivies par le gouvernement pour faciliter son retour à la maison. »
Abdulkarim Abdullahi, parent d’une élève enlevée
Cet incident intervient dans un contexte de violence croissante dans différentes régions du Nigeria. La même semaine, plus de 300 élèves et membres du personnel ont été enlevés dans une école catholique Sainte Marie dans l’État de Niger, bien qu’une cinquantaine d’entre eux aient réussi à s’échapper. Par ailleurs, dans l’État de Kwara, dix personnes ont été enlevées lors d’une incursion dans la ville d’Effort, et 38 fidèles ont été pris en otage lors d’une attaque meurtrière contre une église à Dust.
Depuis 2014, date du kidnapping de 276 étudiantes à Chibok par le groupe Boko Haram, les « enlèvements scolaires » sont devenus un phénomène récurrent dans le paysage de l’insécurité nigériane. Plus de 1 500 étudiants ont été victimes d’enlèvements au cours de la dernière décennie, souvent libérés après le paiement de rançons, sans que les auteurs ne soient pour autant traduits en justice.
Les violences liées aux groupes armés touchent aussi bien les communautés musulmanes que chrétiennes. Si certains dirigeants étrangers évoquent des persécutions sélectives, le gouvernement nigérian affirme que les attaques sont indiscriminées.
L’organisation internationale ACLED a recensé 42 incidents de violence ciblant les étudiants nigérians rien que cette année, environ 40 % d’entre eux étant liés à des demandes de rançon.
(Avec des informations de l’Agence France-Presse et de l’Associated Press)
