Publié le 30 novembre 2023. Le vice-gouverneur de Jakarta, Rano Karno, a lancé un ambitieux projet visant à faire de la capitale indonésienne un pôle cinématographique de renommée mondiale d’ici 2027, date du 500e anniversaire de la ville. Cette initiative s’appuie sur une collaboration étroite entre les acteurs de l’industrie et une refonte des politiques publiques.
- Jakarta ambitionne de devenir une ville de cinéma d’ici 2027.
- Le projet s’appuie sur une collaboration entre les autorités, les producteurs et les réalisateurs.
- L’industrie cinématographique indonésienne connaît une croissance significative, avec une part de marché locale de 65 % en 2022.
Lors du Marché JAFF à Yogyakarta, Rano Karno a souligné l’urgence d’agir pour positionner Jakarta comme une destination privilégiée pour la production et la diffusion de films. Il a insisté sur la nécessité d’une action coordonnée pour créer un environnement favorable au cinéma dans la capitale.
« Jakarta fêtera ses 500 ans en 2027. Alors, que pouvons-nous créer pour célébrer cela ? », s’est interrogé Karno lors d’une discussion avec Andi Boediman, PDG d’Ideosource Entertainment, Edwin Nazir, président de l’association de producteurs indonésiens APROFI, et le réalisateur Ernest Prakasa. Le panel a examiné l’avenir de l’industrie cinématographique indonésienne et de son écosystème, en particulier à Jakarta.
Karno a développé sa vision d’une Jakarta qui s’affirme davantage comme un lieu de création cinématographique et d’enrichissement culturel, dans le cadre de son ambition de devenir une ville mondiale. Il a comparé cette situation à la préparation du 750e anniversaire d’Amsterdam, qui a nécessité trois ans de préparation, soulignant le manque d’anticipation pour le 500e anniversaire de Jakarta. « Je rêve de voir cette ville se développer comme une ville de cinéma ; il y a donc un devoir politique à faire de Jakarta comme telle », a-t-il déclaré. L’initiative, baptisée « Jakarta : Ville du cinéma », vise à façonner l’identité urbaine de Jakarta à travers ses expériences cinématographiques.
Pour concrétiser cette ambition, Karno a mis en avant la nécessité d’une collaboration à plusieurs niveaux. Cela passe par l’accueil d’événements internationaux liés au cinéma, tels que le Festival de Cannes et le Festival international du film de Busan, ainsi que par des partenariats stratégiques avec la Motion Pictures Association Asia-Pacific. Jakarta accueille déjà des événements tels que la Jakarta Film Week et le Jakarta World Cinema.
« Par définition de la loi, Jakarta occupe la position d’épicentre économique et de ville mondiale du pays », a précisé Karno, soulignant le potentiel de la ville à devenir une référence en matière de cinéma. Le programme vise à attirer les investissements dans le secteur en mettant en valeur les sites de tournage revitalisés et en développant les événements liés au cinéma.
Andi Boediman a présenté les résultats de ses recherches sur l’industrie cinématographique indonésienne, basées sur des entretiens avec des professionnels du secteur. « J’ai parlé à de nombreux cinéastes et personnes qui travaillent dans le cinéma afin de comprendre comment améliorer la politique cinématographique en Indonésie », a-t-il expliqué. Il a souligné la dynamique positive du marché indonésien, avec une part de marché pour les films locaux de 65 % en 2022, contre 45 % en 2019, plaçant l’Indonésie parmi les 10 premiers pays mondiaux en termes de part de marché pour les productions nationales.
Boediman a également évoqué l’impact de la liste d’investissement négatif de 2016, qui a ouvert la voie aux investissements étrangers dans le cinéma et contribué à une augmentation significative du public. Cette tendance positive s’est poursuivie jusqu’à la pandémie, avant de connaître une reprise.
Il a toutefois souligné les faiblesses de l’organisation institutionnelle du cinéma indonésien, caractérisée par un manque de coordination et des chevauchements de compétences. Cette fragmentation conduit à des programmes temporaires et à des priorités changeantes, entravant la mise en œuvre de politiques à long terme. Boediman préconise la création d’une commission locale du cinéma, chargée de coordonner l’écosystème cinématographique régional, une idée qui rejoint la proposition d’un comité du cinéma au niveau de Jakarta.
Ces initiatives convergent vers un objectif commun : développer l’industrie créative, en particulier le cinéma, et favoriser une interaction durable entre le cinéma et la culture dans la vie quotidienne des Indonésiens.
