Publié le 12 décembre 2025 à 14h36. Un rapport des services de renseignement danois révèle une inquiétude croissante face aux agissements des États-Unis, désormais perçus comme une menace potentielle pour la sécurité du Danemark, malgré leur alliance au sein de l’OTAN. Cette dégradation de la confiance est directement liée aux récentes tentatives américaines d’acquérir le Groenland.
- Le Danemark considère désormais les États-Unis comme une menace potentielle pour sa sécurité intérieure.
- Cette perception est principalement due aux pressions exercées par Washington concernant le Groenland et à la possibilité d’un recours à la force, même envers ses alliés.
- Le rapport souligne également l’influence grandissante de la Chine et son impact sur la sécurité occidentale.
Le renseignement danois a classé les États-Unis comme un risque pour la sécurité intérieure du pays, une décision surprenante étant donné que les deux nations sont membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Cette classification inhabituelle est le résultat direct des tensions apparues l’année dernière, provoquées par les ambitions américaines concernant le Groenland, territoire autonome administré par le Danemark.
Bien que la Chine et la Russie restent considérées comme les principales puissances susceptibles de porter atteinte aux intérêts danois, le rapport est particulièrement sévère à l’égard des États-Unis. Selon les services de renseignement, Washington n’hésite pas à utiliser son poids économique, y compris la menace de droits de douane élevés, pour imposer sa volonté.
« Les États-Unis utilisent leur puissance économique, y compris la menace de droits de douane élevés, pour imposer leur volonté. Et cela n’exclut plus le recours à la force militaire, même contre des alliés. »
Rapport des services de renseignement danois
Le rapport met en garde contre une possible remise en question du rôle des États-Unis en tant que garant de la sécurité européenne, ce qui pourrait encourager la Russie à intensifier ses attaques hybrides contre l’OTAN. De plus, l’influence économique et militaire croissante de la Chine est perçue comme un défi majeur pour l’Occident.
L’intérêt américain pour le Groenland est bien connu. La région présente une importance géostratégique considérable, notamment en raison de sa position dans l’Arctique et de ses importantes ressources naturelles. En mars dernier, l’ancien président américain Donald Trump avait publiquement exprimé son désir d’acquérir le Groenland, allant jusqu’à suggérer que les habitants de l’île devraient décider de leur propre avenir.
« Nous avons besoin du Groenland pour la sécurité nationale et même internationale. Nous travaillons avec toutes les personnes impliquées pour essayer de l’obtenir. Nous en avons vraiment besoin pour la sécurité mondiale et je pense que nous allons y parvenir. Nous y arriverons d’une manière ou d’une autre. »
Donald Trump, ancien président des États-Unis
Plus récemment, le vice-président américain, DJ Vance, s’est rendu au Groenland et a adopté une approche tout aussi directe. Il a ouvertement suggéré que les Groenlandais pourraient choisir de devenir indépendants du Danemark, ouvrant ainsi la voie à des négociations directes avec les États-Unis.
« Ce que nous pensons, c’est que les Groenlandais choisiront, par le biais de l’autodétermination, de devenir indépendants du Danemark et ensuite, nous aurons des conversations avec la population du Groenland. »
DJ Vance, vice-président des États-Unis
Il est important de noter que les États-Unis disposent déjà d’une base militaire, Pituffik, sur l’île arctique. L’importance stratégique de l’Arctique ne cesse de croître, en particulier dans le contexte des tensions croissantes entre la Russie et l’Occident. La rivalité entre les grandes puissances arctiques attire une attention internationale accrue sur la région, et l’intérêt américain pour le Groenland est particulièrement marqué.
Cette situation souligne la complexité des relations transatlantiques et la nécessité pour le Danemark de réévaluer sa stratégie de sécurité face à un allié autrefois considéré comme un pilier de sa défense.
