Publié le 5 janvier 2024 14:32:00. Des émeutes communautaires ont secoué le nord-est de Delhi en février 2020, faisant plus de 50 morts et des centaines de blessés, dans un contexte de contestation d’une loi sur la citoyenneté. Plusieurs personnes, dont les militants Umar Khalid et Sharjeel Imam, sont accusées d’avoir orchestré ces violences et restent en détention provisoire.
- Plus de 50 personnes ont perdu la vie et plus de 700 ont été blessées lors des émeutes de Delhi en février 2020.
- Umar Khalid et Sharjeel Imam sont accusés d’être les « cerveaux » des émeutes et sont poursuivis en vertu de la loi antiterroriste UAPA (Unlawful Activities Prevention Act).
- La police de Delhi affirme que les émeutes n’étaient pas spontanées, mais une attaque « orchestrée, planifiée et bien conçue » contre la souveraineté indienne.
Les violences ont éclaté le 24 février 2020, dans le nord-est de Delhi, alors que la ville était le théâtre de manifestations massives contre la loi sur la citoyenneté (amendement) (CAA) et le registre national des citoyens (NRC). La CAA, adoptée en décembre 2019, offre une voie accélérée vers la citoyenneté indienne aux minorités religieuses (hindous, sikhs, bouddhistes, jains et chrétiens) en provenance du Pakistan, d’Afghanistan et du Bangladesh, mais exclut explicitement les musulmans. Cette exclusion a suscité de vives protestations à travers le pays, craignant une discrimination et une remise en question des principes constitutionnels de la laïcité.
La police de Delhi a mis en avant la nature préméditée des émeutes, insistant sur le fait qu’elles n’étaient pas le fruit d’une escalade spontanée. Elle a déclaré avoir enregistré 757 plaintes (FIR) en lien avec les troubles, et que des enquêtes sont en cours dans 273 cas, tandis que des procès sont en cours dans 250 autres. Selon la police, elle a agi avec « vigilance et efficacité » pour rétablir l’ordre public et protéger les vies et les biens.
Umar Khalid et Sharjeel Imam, figures de proue des protestations contre la CAA, ont été inculpés en vertu de la loi antiterroriste UAPA de 1967 et de dispositions de l’ancien Code pénal indien (IPC). Leur demande de libération sous caution a été rejetée par les tribunaux, la police arguant qu’ils représentaient une menace pour la sécurité nationale.
Les autorités n’ont pas communiqué de bilan précis des arrestations, mais l’enquête se poursuit pour identifier et poursuivre tous les responsables des violences.
