Publié le 18 décembre 2025 à 21h58. À quelques jours de Noël, l’enseigne Extra a surpris ses concurrents en augmentant significativement les prix de nombreux produits de fête, rompant avec la tradition d’une guerre des prix à la baisse.
- Extra a augmenté les prix de certains produits de Noël jusqu’à 68 %.
- Les prix d’un panier d’articles de Noël chez Extra sont désormais 156,5 couronnes norvégiennes (NOK) plus élevés que chez Kiwi et Rema.
- Des experts craignent que ces ajustements de prix n’encouragent la thésaurisation et le gaspillage alimentaire.
La guerre des prix de Noël a pris un tournant inattendu. Alors que les enseignes rivalisent habituellement pour attirer les consommateurs avec des réductions, Extra a décidé d’augmenter les prix de nombreux produits de fête, une stratégie dénoncée par les observateurs du marché.
Selon un test réalisé jeudi par Nettavisen, une large gamme d’articles de Noël typiques est désormais plus chère chez Extra que chez ses concurrents Kiwi et Rema. Des produits qui étaient auparavant proposés à des prix similaires ont vu leur coût augmenter considérablement, avec des hausses de plus de 50 % dans certains cas.
Parmi les exemples cités, un sachet de 250 grammes de café filtre Friele est désormais vendu 69,90 NOK chez Extra, soit 55 % de plus que chez Kiwi et Rema où il coûte 44,90 NOK. Le beurre Tine 500 grammes affiche un prix de 59,90 NOK, soit 50 % de plus que chez ses concurrents (39,90 NOK). Une pizza Grandiosa quatre fromages est quant à elle proposée à 66,90 NOK, soit 68 % de plus que chez Kiwi et Rema.
Nettavisen a comparé les prix de 19 articles de Noël différents. Le panier d’achats chez Rema et Kiwi s’élève à 912,3 NOK, tandis que le même panier chez Extra coûte 1 068,8 NOK, soit 156,5 NOK de plus.
« C’est surprenant et décevant. On s’attend à une guerre des prix qui durera jusqu’à Noël. Ils auraient dû en informer. »
Kornelia Minsaas, économiste de la consommation chez Lendo
Kornelia Minsaas met en garde contre les conséquences potentiellement négatives de ces ajustements de prix sur le comportement des consommateurs. Elle craint que cela n’encourage la thésaurisation, entraînant des rayons vides et du gaspillage alimentaire.
« Ce type d’ajustement des prix stimule la thésaurisation, ce qui n’est pas une évolution positive. Ensuite, nous avons encore plus d’étagères vides, alors que beaucoup se retrouvent avec trop de choses. Cela peut entraîner du gaspillage de nourriture et de l’argent à la poubelle. »
Kornelia Minsaas, économiste de la consommation chez Lendo
Karl-Fredrik Tangen, de la Høyskolen Kristiania, estime que cette stratégie pourrait nuire à l’image de marque d’Extra, qui se positionne habituellement comme l’enseigne proposant les prix les plus bas.
« Cela pourrait nuire à Extra et détruire l’effet selon lequel ils ont remporté des tests de prix tout au long de l’année. »
Karl-Fredrik Tangen, expert en développement durable et marketing à la Høyskolen Kristiania
Il souligne également que l’augmentation des prix de produits de base comme le café et le chocolat rend Extra nettement plus cher que ses concurrents. Il met en doute la transparence de cette pratique, estimant que les clients pourraient se sentir trompés.
Harald Kristiansen, directeur de la communication de Coop, reconnaît que le test de Nettavisen n’est pas flatteur pour Extra. Il précise que l’enseigne a été la première à baisser les prix de certaines viandes cette semaine et que les prix ont déjà été ajustés pour garantir aux clients le panier le moins cher. Il met également en avant les avantages offerts aux membres de Coop, notamment des réductions sur le café et des dividendes sur les achats.
