Publié le 27 décembre 2023. Le diabète, qui touche près de 3,6 millions de personnes en Espagne, représente un fardeau croissant pour la santé publique, non seulement en raison de la maladie elle-même, mais surtout en raison de ses complications souvent silencieuses et coûteuses.
- Les personnes diabétiques présentent un risque significativement accru de maladies cardiovasculaires, d’atteintes oculaires, de démence vasculaire et de maladies rénales.
- Plus de la moitié des dépenses liées au diabète sont directement imputables à ses complications, soulignant l’importance de la prévention et du dépistage précoce.
- Un rapport récent révèle que près de 15 % des personnes diabétiques sont au chômage ou inactives, ce qui met en évidence les liens entre santé et vulnérabilité socio-économique.
Les complications du diabète continuent de peser lourdement sur la santé des patients et sur le système de santé. Selon une récente revue de la littérature de la Fédération Internationale du Diabète (FID), les personnes atteintes de cette pathologie présentent un risque accru de 73 % d’infarctus du myocarde, de 54 % d’accident vasculaire cérébral et de 84 % d’insuffisance cardiaque. Au-delà des problèmes cardiaques, le diabète peut entraîner des affections oculaires, comme la rétinopathie diabétique, ou favoriser l’apparition d’une démence vasculaire.
En Espagne, près de trois personnes diabétiques sur dix (27,9 %) présentent un certain degré de maladie rénale chronique, un chiffre qui pourrait atteindre 40 % selon certaines études. Des recherches démontrent l’importance d’un suivi régulier pour détecter et traiter ces complications à un stade précoce.
La gravité de ces données est d’autant plus préoccupante que de nombreuses complications se développent progressivement et de manière silencieuse, les symptômes passant souvent inaperçus pendant des années en l’absence d’un suivi médical approprié.
L’impact du diabète, en particulier du diabète de type 2, ne se limite pas aux conséquences cliniques. Il a également un coût économique considérable. Selon les données disponibles, chaque personne diabétique représente un coût annuel moyen d’environ 4 120 euros pour le Système National de Santé, soit un surcoût de 78 % par rapport à la population non diabétique. Ce montant pourrait être considérablement réduit grâce à des interventions ciblées sur les complications évitables, car plus de 50 % des coûts directs du diabète sont directement liés à ces complications, selon le ministère de la Santé.
Un rapport récent de la Plateforme DatosPOPSalud, financé par le ministère des Droits sociaux et de l’Agenda 2030, révèle qu’environ 3,6 millions de personnes atteintes de diabète ont été traitées en Espagne en 2023, ce qui correspond à un taux d’environ 7 686 cas pour 100 000 habitants pris en charge en soins primaires. Le même rapport, concernant la situation professionnelle des patients, montre également que près de 15 % des personnes diabétiques sont au chômage ou inactives. La prévalence de la maladie est plus élevée chez les personnes à faibles revenus et dans certaines régions géographiques.
Cette combinaison d’une charge de soins importante, d’une vulnérabilité socio-économique accrue et d’inégalités territoriales souligne la nécessité d’investir dans la prévention et un suivi rapproché afin d’éviter l’évolution vers des complications.
Pour que ces stratégies se traduisent en politiques publiques efficaces, il est essentiel de disposer de données solides, à jour et bien analysées, capables d’orienter la prise de décision en matière de santé. Selon Antonio Lavado, président de la Fédération espagnole du diabète (FEDE) :
« À la FEDE, nous nous engageons à générer et à diffuser des preuves qui rendent visibles les besoins réels du groupe et contribuent à promouvoir des changements efficaces dans les soins de santé et les politiques publiques. »
Antonio Lavado, président de la Fédération espagnole du diabète (FEDE)
Cette approche s’inscrit dans le cadre du futur Espace européen des données de santé (EEDS), qui reconnaît la valeur des données de santé, utilisées en toute sécurité, comme un outil clé pour améliorer la recherche, la planification de la santé et les soins aux patients.
