Publié le 18 décembre 2025 à 15h20. La Banque centrale d’Égypte se réunira jeudi prochain dans un contexte de ralentissement de l’inflation, mais de pressions persistantes liées à l’augmentation des prix de l’énergie, laissant les banquiers divisés sur l’issue de la réunion.
- L’inflation en Égypte a légèrement diminué en novembre, atteignant 12,3 % contre 12,5 % en octobre.
- Les experts prévoient soit un maintien des taux d’intérêt, par crainte d’une nouvelle flambée de l’inflation, soit une baisse de 1 à 2 %, soutenue par la stabilité du taux de change de la livre égyptienne.
- Les échéances des certificats à haut rendement pourraient également influencer la décision de la Banque centrale.
La Banque centrale d’Égypte (BCE) se prépare à une réunion cruciale jeudi prochain, alors que les économistes et les banquiers évaluent les implications d’un léger recul de l’inflation face aux pressions inflationnistes à venir. Le gouvernement a récemment augmenté les prix du carburant d’environ 13 % le mois dernier, une deuxième hausse cette année, et prévoit de maintenir ces prix stables pendant au moins un an.
Certains analystes anticipent que la BCE conservera ses taux d’intérêt inchangés, afin de se prémunir contre une nouvelle accélération de l’inflation. Mahmoud Najla, directeur exécutif des marchés monétaires et des titres à revenu fixe chez Al Ahly Financial Investments Company, estime que la baisse de l’inflation observée en novembre pourrait être de courte durée.
« La baisse du taux d’inflation en novembre pourrait ne pas être insoutenable et qu’elle recommencerait à augmenter à la lumière de la tendance à l’augmentation des prix de l’électricité et de l’essence. »
Mahmoud Najla, directeur exécutif des marchés monétaires et des titres à revenu fixe chez Al Ahly Financial Investments Company
La BCE elle-même a exprimé des inquiétudes quant à des pressions inflationnistes potentielles liées à l’ajustement de la politique budgétaire, notamment la réduction des subventions et la libéralisation des prix de l’énergie. L’objectif de la BCE est d’atteindre un taux d’inflation compris entre 5 % et 9 % au cours du quatrième trimestre 2026.
D’autres experts, en revanche, prévoient une baisse des taux d’intérêt. Sahar El-Damaty, ancienne vice-présidente de la Banque d’Égypte, s’attend à une réduction de 1 % à 2 % lors de la prochaine réunion, compte tenu du ralentissement de l’inflation et de l’absorption de l’impact des récentes augmentations des prix de l’essence et du diesel.
« La stabilité du taux de change de la livre sterling par rapport au dollar est l’un des facteurs qui soutiennent la réduction des taux d’intérêt par la banque centrale et le manque d’inquiétude face à une inflation élevée et à la hausse des prix. »
Sahar El-Damaty, ancienne vice-présidente de la Banque d’Égypte
La livre égyptienne a en effet gagné du terrain face au dollar au cours des cinq derniers mois, atteignant son niveau le plus élevé depuis un an, se négociant sous les 48 livres à la fin des transactions bancaires jeudi. Cette appréciation est due à l’augmentation des flux de devises provenant du tourisme, des exportations, des envois de fonds des Égyptiens travaillant à l’étranger et des investissements étrangers en bons et obligations du Trésor.
Les investissements étrangers en bons du Trésor égyptiens ont bondi d’environ 10,7 milliards de dollars au cours des sept premiers mois de l’année, portant le solde total à environ 42,4 milliards de dollars, un niveau record pour l’Égypte.
Mohamed Abdel-Al, un expert bancaire, souligne que les échéances des certificats à haut rendement proposés par la Banque Nationale et la Misr Bank pourraient également influencer la décision de la BCE. Ces certificats, offrant un taux d’intérêt de 23,5 % pour un rendement mensuel et de 27 % pour un rendement annuel (en avril prochain), ont attiré des dépôts d’une valeur totale de 1 300 milliards de livres égyptiennes. La BCE pourrait chercher à éviter une sortie massive de fonds du secteur bancaire à l’approche de ces échéances.
L’inflation en Égypte avait atteint un pic historique de 38 % en septembre 2023, avant de commencer à diminuer progressivement après la signature d’un plan de sauvetage financier en mars 2024, en coopération avec le Fonds monétaire international. Ce plan a contribué à réduire les pressions sur les prix.
