Publié le 25 décembre 2025 10h50. L’Asie du Sud-Est confirme sa domination sur la scène mondiale du badminton, notamment lors des finales du BWF World Tour, tandis que des nations comme la Thaïlande, l’Indonésie et la Malaisie repensent leur approche des Jeux d’Asie du Sud-Est (SEA Games) pour optimiser leurs performances.
- Les finales du BWF World Tour, considérées comme un événement majeur du badminton, ont vu une forte représentation des joueurs d’Asie du Sud-Est.
- La Thaïlande, l’Indonésie et la Malaisie représentent plus d’un tiers des athlètes de haut niveau présents au tournoi.
- Ces nations privilégient désormais une préparation ciblée pour les compétitions mondiales, parfois au détriment de leur participation aux SEA Games.
Les BWF World Tour Finals, organisées par la Fédération mondiale de badminton (BWF), sont devenues, depuis leur lancement en 2018, un tournoi de prestige comparable aux Jeux olympiques. Seuls les huit meilleurs joueurs ou paires de chaque discipline – simple messieurs, simple dames, double messieurs, double dames et double mixte – sont qualifiés, réunissant ainsi 64 des athlètes les plus performants au monde.
L’édition 2025, qui s’est déroulée à Hangzhou, en Chine, du 17 au 21 décembre, marque la troisième année consécutive où cette ville accueille l’événement. Malgré une règle limitant chaque pays à deux participants maximum par discipline, l’influence de l’Asie du Sud-Est est indéniable. La Thaïlande a aligné cinq joueurs, l’Indonésie huit, et la Malaisie jusqu’à dix, se positionnant juste derrière le pays hôte, la Chine.
Cette concentration de talents explique pourquoi les SEA Games sont de plus en plus perçus comme une étape de préparation par ces puissances du badminton. Le joueur thaïlandais Kunlavut Vitidsarn, numéro 3 mondial, a par exemple participé aux SEA Games 2025 uniquement dans l’épreuve par équipe, afin de préserver son énergie pour les finales du World Tour. L’Indonésie a quant à elle choisi de laisser plusieurs de ses meilleurs joueurs masculins de côté pour se concentrer pleinement sur la préparation de ce tournoi.
Les résultats ont confirmé la pertinence de cette stratégie. Bien que la Thaïlande n’ait pas remporté le titre, ses joueurs de simple ont réalisé des performances remarquables. Kunlavut Vitidsarn a atteint les demi-finales en battant le numéro 2 mondial, Anders Antonsen, tandis que Ratchanok Intanon, une joueuse expérimentée, a créé la surprise en éliminant la Chinoise Han Yue. L’Indonésie et la Malaisie se sont distinguées dans les épreuves de double, avec la paire indonésienne Gutama-Isfahani qualifiée pour les demi-finales du double masculin, et des paires malaisiennes atteignant les demi-finales en double féminin (Tan-Muralitharan) et en double mixte (Jie-Wei).
Ces succès renforcent la position de la Thaïlande, de l’Indonésie et de la Malaisie sur la scène internationale du badminton. Malgré les investissements croissants des pays occidentaux dans ce sport, les joueurs d’Asie du Sud-Est continuent de dominer grâce à leur vitesse, leur technique et leur intelligence tactique.
Pour le Vietnam, cette situation est source de réflexion. Le badminton est un sport populaire et profondément enraciné dans le pays, mais les supporters vietnamiens assistent principalement à la domination de leurs voisins lors des grands tournois mondiaux. Alors que les stars d’Asie du Sud-Est considèrent de plus en plus les SEA Games comme une préparation, la médaille d’or dans cette discipline reste un objectif insaisissable pour le Vietnam.
Les SEA Games 2025, qui se sont déroulés du 9 au 20 décembre dans toute la Thaïlande, ont rassemblé 9 366 athlètes en compétition dans 50 sports et 574 épreuves. Le pays hôte a terminé en tête du tableau des médailles avec un record de 233 médailles d’or sur un total de 499, suivi de l’Indonésie avec 91 médailles d’or et du Vietnam avec 87 médailles d’or.

