Publié le 22 décembre 2023 02:15:00. Le président colombien Gustavo Petro a exprimé de vives critiques à l’encontre de la Banque de la République, regrettant amèrement une décision de politique monétaire qu’il juge préjudiciable aux intérêts des travailleurs et reconnaissant une erreur de jugement dans ses propres nominations au sein de l’institution.
- Gustavo Petro critique ouvertement la décision de la Banque de la République de maintenir des taux d’intérêt élevés.
- Le président se reproche d’avoir sous-estimé l’influence de certains membres du conseil d’administration, notamment Olga Lucía Acosta.
- Cette situation intervient alors que le gouvernement Petro prépare des mesures d’urgence économique face à des difficultés budgétaires.
Dans un long message publié sur son compte Twitter, le président Petro a exprimé son désaccord avec la décision de la Banque de la République de ne pas baisser ses taux d’intérêt, suite à un vote divisé au sein de son conseil d’administration. Il n’a pas hésité à se remettre en question, estimant qu’il aurait pu obtenir une majorité favorable aux intérêts des travailleurs s’il avait fait un meilleur choix lors de la nomination des membres du conseil.
« Écrivez-le, c’est peut-être la pire erreur que j’ai commise dans mon gouvernement. Je me critique moi-même. Aujourd’hui, j’aurais pu avoir la majorité du conseil d’administration du côté des intérêts des travailleurs, mais je croyais Ocampo, j’étais très naïf. »
Gustavo Petro, président de la Colombie
Les critiques du président Petro visent plus particulièrement Olga Lucía Acosta, co-directrice de la Banque de la République nommée alors que José Antonio Ocampo était ministre des Finances en 2022. Le président l’avait déjà attaquée par le passé. Bien que le vote du conseil d’administration soit confidentiel, Petro a révélé qu’Acosta votait en accord avec Viviana Taboada et Mauricio Villamizar, les autres co-directeurs nommés sous l’administration précédente d’Iván Duque.
Le gouvernement Petro dispose d’une représentation au sein de la Banque de la République avec son ministre des Finances, Germán Ávila, qui a voix au chapitre. En plus d’Acosta, le président a nommé Laura Moisá et César Giraldo comme co-directeurs. Acosta, auparavant directrice du bureau de la CEPALC en Colombie, est une économiste progressiste respectée.
Cette controverse survient alors que le gouvernement colombien est confronté à des difficultés budgétaires importantes. Pour faire face à cette situation, Petro prépare une déclaration d’urgence économique qui lui conférera des pouvoirs exceptionnels, au moment où le Congrès et les tribunaux sont en pause pour les vacances. Cette mesure, selon les analystes, vise à donner au gouvernement une plus grande marge de manœuvre pour gérer la crise financière.
L’autocritique du président concernant ses nominations au sein de la Banque de la République souligne sa frustration face aux obstacles rencontrés pour mettre en œuvre sa politique économique. Il a réaffirmé son opposition aux théories néolibérales, les qualifiant d’idéologies au service des plus riches.
« J’ai démontré dans mon gouvernement et dans le bien-être du peuple, qui a augmenté, que les thèses néolibérales ne sont pas de la science, elles ne font que falsifier l’idéologie politique au service des méga-riches. »
Gustavo Petro, président de la Colombie
