Publié le 13 décembre 2025 à 00h42. L’Union européenne a franchi une étape décisive pour utiliser les avoirs russes gelés afin de soutenir l’Ukraine, malgré l’opposition de la Hongrie et de la Slovaquie. Cette décision ouvre la voie à une pression accrue sur Moscou pour qu’elle indemnise Kiev pour les dommages causés par la guerre.
- Vingt-cinq États membres de l’UE ont voté en faveur d’une interdiction permanente du transfert des fonds russes bloqués.
- La décision permet de maintenir jusqu’à 210 milliards d’euros d’actifs russes sur le territoire européen en attendant des réparations pour l’Ukraine.
- La Belgique, où sont gérés la majorité de ces fonds, reste un acteur clé dans la mise en œuvre concrète de ce plan.
L’Union européenne a donné un signal fort en approuvant une mesure qui pourrait débloquer des milliards d’euros pour aider l’Ukraine. Cette avancée, obtenue par une procédure écrite, intervient après des mois de débats et de tensions entre les États membres. La Hongrie et la Slovaquie se sont opposées à cette initiative, craignant des conséquences négatives sur les efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit.
Les fonds de la Banque centrale russe, gelés suite aux sanctions européennes, sont actuellement soumis à un renouvellement semestriel unanime. Ce mécanisme était considéré comme un obstacle majeur à la proposition d’utiliser ces avoirs pour accorder des prêts à long terme à l’Ukraine, ne permettant un retour des fonds à la Russie qu’après le versement d’indemnités à Kiev.
Merz se félicite d’un signal fort
Le chef de file de l’opposition allemande, Friedrich Merz (CDU), s’est réjoui de ce qu’il considère comme un « signal clair de souveraineté européenne ». Il a souligné que même les pays initialement réticents, comme l’Italie et la Belgique, avaient finalement donné leur accord.
La Hongrie a déjà annoncé qu’elle se réservait le droit de contester la décision devant la Cour de justice de l’Union européenne, arguant qu’elle pourrait compromettre les initiatives du président américain Donald Trump en faveur d’une résolution du conflit. Selon Budapest, cette mesure pourrait nuire aux perspectives de paix.
Pas encore de décision sur l’utilisation des avoirs russes
Pour figer définitivement les avoirs russes, l’Allemagne et les États membres favorables s’appuient sur l’article 122 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Cet article autorise des mesures exceptionnelles en cas de difficultés économiques graves, justifiées ici par les conséquences de la guerre d’agression russe.
La Belgique a également approuvé le projet concernant l’utilisation des avoirs russes, tout en précisant, avec la Bulgarie, l’Italie et Malte, que cet accord ne préjuge en rien de la décision finale sur leur utilisation. Cette décision devra être prise au niveau des chefs d’État et de gouvernement.
Une société belge gère la majorité des avoirs russes
Friedrich Merz et d’autres partisans de ce plan espèrent convaincre le Premier ministre belge Bart De Wever d’accepter l’utilisation de ces fonds lors du prochain sommet européen. La Belgique est un acteur crucial, car la société Euroclear, basée dans le pays, gère environ 185 milliards d’euros sur les 210 milliards d’euros d’actifs russes gelés dans l’UE.
Le gouvernement belge a jusqu’à présent bloqué le projet, invoquant des risques juridiques et financiers, notamment la crainte de représailles de la Russie à l’encontre d’entreprises et de particuliers européens, voire d’expropriations.
La Banque centrale de Moscou a d’ores et déjà annoncé qu’elle poursuivrait Euroclear en justice, dénonçant des actions illégales et préjudiciables.
Le commissaire européen Valdis Dombrovskis a cependant affirmé que cette approche est pleinement conforme au droit européen et international, et que les institutions financières détenant ces avoirs sont protégées contre d’éventuelles poursuites.
