La pollution des plages entre la Californie et la Basse-Californie continue de s’aggraver, rendant la baignade dangereuse de Coronado à la frontière avec Tijuana. Des projets concrets, définis dans le cadre des procès-verbaux 333 et 328, sont en cours pour tenter d’inverser la tendance, mais les habitants et les experts restent prudents.
La situation est particulièrement préoccupante à Imperial Beach, où l’accès à la plage est compromis. « Je me souviens d’une époque où seule la partie sud d’Imperial Beach était touchée, et on pouvait encore se baigner ailleurs. Aujourd’hui, la pollution s’étend jusqu’à Coronado, ce qui est impensable », déplore Fay Crevoshay, directrice des politiques publiques de Costa Salvaje.
Serge Dedina, ancien maire d’Imperial Beach, a rencontré récemment le commissaire de l’IBWC (Commission internationale des eaux frontalières) après la signature du procès-verbal 333. Il insiste sur la nécessité d’actions rapides et efficaces : « C’est une bonne chose, mais nous devons voir des résultats concrets qui réduisent réellement le flux d’eaux usées vers la mer. Cela affecte non seulement les baigneurs, mais aussi la faune marine, comme les baleines et les dauphins, et la santé des enfants. »
Dedina souligne l’importance de concentrer les efforts sur des points critiques comme Punta Bandera. « À Punta Bandera, il est impératif d’améliorer le traitement des eaux usées. Actuellement, seulement un tiers des 30 % des eaux usées y est correctement traité. Nous devons atteindre un taux de 100 % et installer un émissaire sous-marin pour éviter que la pollution ne se déverse directement sur la plage », explique-t-il.
Selon Víctor Daniel Amador Barragán, secrétaire de l’Eau de Basse-Californie, plusieurs projets sont prévus dans le cadre des procès-verbaux 333 et 328, notamment :
- La construction d’une infrastructure de sédimentation dans le Cañón del Matadero.
- Une évaluation de l’agrandissement de la station d’épuration des eaux usées (STEP) de San Antonio de los Buenos.
- Une étude pour la mise en place d’un émetteur sous-marin pour la STEP de San Antonio de los Buenos.
- La construction d’une nouvelle station d’épuration des eaux usées à Tecolote – La Gloria, d’une capacité de 131 litres, dont l’achèvement est prévu pour fin 2028.
« Il s’agit d’une usine relativement petite, d’une capacité de 130 litres, qui devrait être opérationnelle avant la fin de 2028 », précise Amador Barragán.
À deux semaines de 2025, la situation reste critique. Imperial Beach est impraticable, la faune marine souffre, et de plus en plus de personnes tombent malades. « C’est inquiétant pour tous ceux qui viennent ici en espérant profiter d’un environnement propre et sain », témoigne un habitué du parc d’Imperial Beach.
Des organisations comme Costa Salvaje et Alter Terra se mobilisent sur le terrain. Costa Salvaje a collecté jusqu’à 139 000 livres (environ 63 tonnes) de déchets solides, de plastiques et de pneus à Tijuana depuis 2020. Alter Terra a, quant à elle, ramassé 40 tonnes de déchets à San Ysido en 2025.
Le 18 décembre, des artistes muralistes, dont Jon Hamrick à Imperial Beach, ont inauguré une fresque murale destinée à sensibiliser à la beauté et à la fragilité de la côte et de la vie marine. « Je veux rendre hommage à l’océan Pacifique, car je le fréquente quotidiennement et je souhaite montrer la richesse de la vie animale et contribuer à sa protection », explique l’artiste.
Alors que les projets d’infrastructure progressent, certains habitants de San Diego expriment leur espoir de pouvoir bientôt retrouver leurs plages du sud.
À retenir
- La pollution des plages entre la Californie et la Basse-Californie est un problème croissant qui affecte la santé publique et l’environnement.
- Des projets d’infrastructure sont en cours pour améliorer le traitement des eaux usées et réduire la pollution, mais leur mise en œuvre prendra du temps.
- Des organisations locales et des citoyens se mobilisent pour nettoyer les plages et sensibiliser à la question.
Contexte
La pollution des plages de la région transfrontalière entre la Californie et la Basse-Californie est un problème récurrent, exacerbé par le manque d’infrastructures adéquates pour le traitement des eaux usées, notamment du côté mexicain. Les eaux usées non traitées se déversent dans l’océan, contaminant les plages et mettant en danger la santé des baigneurs et de la faune marine.
Ce qui change
La signature des procès-verbaux 333 et 328 marque une nouvelle étape dans la lutte contre la pollution. Ces accords prévoient des investissements importants dans des infrastructures de traitement des eaux usées et des projets de nettoyage des plages. Les zones les plus touchées sont Imperial Beach, Coronado et la région frontalière de Tijuana.
Prochaines étapes
Il sera crucial de suivre l’avancement des projets d’infrastructure prévus dans les procès-verbaux 333 et 328, notamment la construction de la nouvelle station d’épuration de Tecolote – La Gloria, dont l’achèvement est prévu pour fin 2028. La mise en œuvre effective de ces projets est essentielle pour améliorer la qualité de l’eau et permettre aux habitants de retrouver leurs plages.
Chiffres clés
- 139 000 livres : quantité de déchets collectés par Costa Salvaje à Tijuana depuis 2020 (environ 63 tonnes).
- 40 tonnes : quantité de déchets collectés par Alter Terra à San Ysido en 2025.
- 131 litres : capacité de la nouvelle station d’épuration des eaux usées de Tecolote – La Gloria.
- 2028 : date prévue pour l’achèvement de la station d’épuration de Tecolote – La Gloria.
