Publié le 2025-11-18 18:11:00. L’émergence de superbactéries résistantes aux antibiotiques constitue une menace sanitaire majeure et immédiate, selon un spécialiste italien. Parallèlement, la surveillance de nouvelles souches de grippe aviaire et de virus hémorragiques reste de mise, bien que leur impact sur l’Europe semble pour l’instant limité.
- La résistance aux antibiotiques est déjà responsable de millions de décès chaque année dans le monde.
- Une nouvelle souche de grippe aviaire, le H5N5, a été identifiée chez un humain pour la première fois.
- Les virus hémorragiques comme Marburg et Ebola restent confinés au continent africain, mais nécessitent une vigilance constante.
Le professeur Matteo Bassetti, directeur des maladies infectieuses de l’hôpital polyclinique San Martino de Gênes, tire la sonnette d’alarme face à ce qu’il qualifie de « pandémie silencieuse » de résistance aux antibiotiques. Il souligne l’urgence d’une meilleure utilisation de ces médicaments, ainsi que le développement de diagnostics rapides et accessibles pour éviter leur prescription inutile.
« De toutes les menaces infectieuses dont il faut s’inquiéter, je pense que la plus proche de nous aujourd’hui est la pandémie silencieuse de résistance aux antibiotiques. Aujourd’hui, nous comptons déjà des millions de décès dans le monde chaque année, liés d’une manière ou d’une autre à la résistance aux antibiotiques. »
Matteo Bassetti, directeur des maladies infectieuses de l’hôpital polyclinique San Martino de Gênes
La semaine actuelle est dédiée à la sensibilisation à ce problème de santé publique. Le professeur Bassetti insiste sur la nécessité d’un effort collectif pour préserver l’efficacité des antibiotiques, en les utilisant uniquement lorsque cela est réellement nécessaire et en améliorant les outils de diagnostic.
Par ailleurs, l’apparition d’une nouvelle souche de grippe aviaire, le H5N5, chez un humain suscite également des inquiétudes. Après le H5N1, ce nouveau virus, habituellement limité aux animaux, a franchi la barrière d’espèce. Selon le professeur Bassetti, chaque passage à l’homme favorise la mutation du virus et augmente le risque de transmission interhumaine.
« Des situations comme la grippe aviaire, et notamment ce cas de H5N5 qui n’avait jamais été observé chez l’homme, sont également préoccupantes. Cela signifie que chaque fois que le virus passe à l’homme, il mute et, évidemment, les mutations conduiront tôt ou tard à ce que le virus devienne d’une manière ou d’une autre transmissible d’humain à humain. »
Matteo Bassetti, directeur des maladies infectieuses de l’hôpital polyclinique San Martino de Gênes
Enfin, concernant l’épidémie du virus de Marburg en Éthiopie, le professeur Bassetti se montre plus rassurant, soulignant le caractère cyclique de ces virus hémorragiques (Marburg, Ebola, fièvre de Lassa) et leur confinement actuel au continent africain. Il appelle toutefois à la vigilance pour éviter leur propagation au-delà des frontières africaines.
« Je crois que ces virus – fièvres hémorragiques, Marburg, Ebola, fièvre de Lassa – sont cycliques, mais heureusement jusqu’à présent ils sont toujours restés confinés au continent africain et je crois qu’ils y resteront. »
Matteo Bassetti, directeur des maladies infectieuses de l’hôpital polyclinique San Martino de Gênes
En conclusion, le professeur Bassetti estime que la menace la plus immédiate reste celle des bactéries résistantes aux antibiotiques, un problème bien réel et quotidien en Italie, suivie potentiellement par l’évolution de la grippe aviaire.
