Publié le 9 octobre 2025 à 21h58. Quatre-vingt-trois ans après le naufrage du Van Imhoff, un navire néerlandais coulé par les Japonais, le gouvernement néerlandais a présenté ses excuses aux familles des victimes, reconnaissant ainsi des erreurs et un silence coupable qui ont suivi la catastrophe.
- Le gouvernement néerlandais a présenté des excuses aux proches des victimes du naufrage du Van Imhoff en 1942.
- Ces excuses ont été formulées verbalement lors de la présentation d’un livre retraçant les événements.
- Le Van Imhoff a été bombardé par un avion japonais alors qu’il transportait des prisonniers allemands, dont 411 ont péri.
Les excuses, formulées par les ministres Brekelmans de la Défense et Rijkaart de l’Intérieur dans une lettre adressée à la Chambre des Représentants, marquent une reconnaissance tardive des souffrances causées par le naufrage du Van Imhoff et la gestion ultérieure de l’affaire. Le 19 janvier 1942, le navire fut attaqué par un avion japonais au large de l’île de Sumatra, en Indonésie. L’équipage néerlandais abandonna le navire, laissant derrière lui près de 500 prisonniers allemands enfermés dans la cale.
Parmi ces prisonniers, 476 étaient détenus dans des cages en barbelés. 411 d’entre eux périrent noyés, tandis que 65 parvinrent à survivre. Ces hommes, pour la plupart des civils allemands capturés dans les Indes néerlandaises en 1940, étaient considérés comme des menaces potentielles après l’invasion des Pays-Bas par l’Allemagne nazie deux ans plus tôt et étaient détenus dans des camps.
Les Pays-Bas expriment aujourd’hui leurs regrets non seulement pour le naufrage lui-même, mais aussi pour leur attitude dans les années qui ont suivi. Selon les ministres Brekelmans et Rijkaart, la catastrophe et ses conséquences ont engendré de « graves souffrances » et ont « profondément et irrémédiablement marqué la vie des descendants », comme le souligne leur lettre au Parlement.
Pendant des décennies, le gouvernement néerlandais a cherché à minimiser et à dissimuler les événements. Ce n’est qu’en 1965 que le journaliste Dick Verkijk réalisa un reportage sur la catastrophe pour l’émission VARA Achter de Nieuws (Derrière l’actualité). À la demande du gouvernement, la diffusion de ce reportage fut interdite, et Verkijk fut licencié. Son film disparut alors des archives.
Des fragments de ce film furent finalement projetés en 2017, lors d’une exposition consacrée à l’ensemble de l’affaire gouvernementale entourant le naufrage du Van Imhoff. Dick Verkijk est décédé en mars de cette année à l’âge de 95 ans.
Avec ces excuses, les ministres Brekelmans et Rijkaart espèrent apporter une « reconnaissance, une clôture et peut-être une paix intérieure » aux familles des victimes. Elles interviennent à la suite de la conclusion d’une enquête sur la catastrophe, qui a coïncidé avec la publication du livre De ramp van de Van Imhoff (La catastrophe du Van Imhoff).
L’Institut néerlandais d’histoire militaire a mené des recherches approfondies sur le naufrage et ses conséquences. Lors de la présentation du livre, son directeur, Ben Schoenmaker, a qualifié les excuses de l’État de « très importantes, surtout pour les proches ». Les ambassadeurs d’Allemagne et d’Autriche, également présents à la présentation, ont remercié l’institut de recherche et les trois auteurs du livre.
