Publié le 26 octobre 2025 08h34. L’Allemagne, selon l’économiste Clemens Fuest, est confrontée à un déclin économique profond, exacerbé par une baisse des investissements privés et une augmentation des dépenses publiques. Des réformes structurelles profondes sont jugées nécessaires pour inverser cette tendance, tandis que des voix s’élèvent pour dénoncer une érosion de l’État-providence.
- Clemens Fuest, président de l’institut Ifo, alerte sur une situation économique allemande qu’il juge « dramatique ».
- Il plaide pour un vaste programme de réformes, allant au-delà des accords de coalition actuels, et propose notamment la suppression de certaines prestations sociales.
- Verena Bentele, présidente de l’association VdK, met en garde contre une dégradation de l’État-providence et dénonce une logique qui oppose les plus démunis.
L’Allemagne est en perte de vitesse économique depuis plusieurs années, une situation qui s’aggrave selon Clemens Fuest. « L’Allemagne est en déclin économique depuis des années. La situation est désormais dramatique », a-t-il déclaré à Bild am Sonntag. L’économiste pointe du doigt un déséquilibre inquiétant : les investissements privés sont en baisse tandis que les dépenses publiques continuent de croître.
Ce phénomène, selon lui, menace sérieusement la prospérité du pays. « Cela signifie que la prospérité de l’Allemagne est gravement menacée, car moins d’investissements privés signifie moins de croissance à moyen terme, moins de recettes fiscales et donc moins d’argent pour les services publics », a-t-il expliqué. Le niveau de vie moyen stagne, et des millions de citoyens ressentent déjà une baisse de leur pouvoir d’achat.
Pour inverser cette tendance, Fuest appelle le gouvernement fédéral à présenter, dans les six prochains mois, un plan de réforme global, qui dépasserait les engagements pris dans l’accord de coalition actuel. Ce plan devrait être finalisé au plus tard au printemps 2026. Parmi les mesures proposées, l’économiste suggère des réformes sociales ambitieuses, notamment la suppression de la pension de la mère, afin d’éviter une nouvelle augmentation des cotisations.
Fuest insiste également sur la nécessité de simplifier la réglementation pour les entreprises. Il propose de supprimer les exigences de documentation jugées inutiles concernant le CO₂, les chaînes d’approvisionnement et le salaire minimum, estimant qu’elles engendrent des coûts importants sans apporter de bénéfices réels. Selon ses estimations, ces mesures pourraient générer jusqu’à 146 milliards d’euros de richesse supplémentaire par an.
Ces propositions suscitent des réactions. Verena Bentele, présidente de l’association sociale VdK, s’inquiète de l’érosion de l’État-providence et dénonce une logique perverse qui oppose les plus vulnérables.
« J’observe avec horreur l’érosion de l’État-providence. Des acquis importants sont confisqués afin de servir soi-disant le sens de la justice de la population. »
Verena Bentele, présidente de l’association VdK
Selon elle, certaines décisions politiques incitent les personnes les plus démunies à s’attaquer à celles qui le sont encore plus, notamment dans le débat sur le revenu de base universel. Bentele souligne également que les économies réalisées ne sont pas redistribuées, mais servent principalement à combler des lacunes budgétaires mineures. Elle estime que l’État pourrait disposer de 100 milliards d’euros supplémentaires en luttant plus efficacement contre la fraude fiscale.
Bentele s’alarme également de la situation des personnes handicapées en Bavière, où environ deux millions de personnes sont concernées. Elle souligne qu’elles sont particulièrement exposées à l’exclusion sociale et que la société devient plus instable lorsque des groupes de population sont marginalisés. « Le poison de la méfiance agit déjà : lorsque la vieillesse est assimilée à la pauvreté, le besoin de soins à la négligence et l’immigration à la criminalité, pour beaucoup, c’est l’État tout entier qui est scruté de près », a-t-elle averti. Les personnes déçues sont, selon elle, plus susceptibles de se tourner vers des idées extrémistes.
Depuis 1997, l’Académie évangélique de Tutzing organise deux fois par an un sermon dans l’église du Rédempteur de Munich. Parmi les intervenants précédents figurent Joachim Gauck, Christian Springer, Charlotte Knobloch et l’abbé Johannes Eckert.
