Publié le 11 décembre 2025 à 12h19. Le gouvernement bulgare dirigé par Rosen Jeliazkov a présenté sa démission ce jeudi, en réponse à des semaines de manifestations populaires exigeant un changement profond de la gouvernance du pays. Cette décision intervient dans un contexte de tensions politiques et de perte de confiance envers les partis au pouvoir.
- Le gouvernement bulgare a démissionné suite à des manifestations massives.
- Un vote de censure initialement prévu a été annulé avant l’annonce de la démission.
- Des consultations sont en cours pour former un nouveau gouvernement, avec des élections possibles à l’horizon.
Rosen Jeliazkov a annoncé la démission de son gouvernement lors d’une conférence de presse extraordinaire. Cette décision fait suite à des manifestations qui ont rassemblé des milliers de personnes à travers la Bulgarie ces dernières semaines. Les manifestants réclamaient la démission du gouvernement de coalition formé par le GERB, le BSP, l’ITN et initialement soutenu par le Mouvement pour les droits et les libertés (DPS), connu sous le nom de “Nouveau Départ”.
La démission est survenue peu après le report d’un vote de censure déposé par la coalition “Poursuite du changement-Bulgarie démocratique” (PP-DB), soutenue par l’Alliance pour les droits et libertés (APS) et MECH. Le vote, prévu à 13h30, avait été suspendu à la demande d’“Il existe un tel peuple” (ITN), avant que M. Jeliazkov ne fasse son annonce.
Le Premier ministre a justifié sa décision par la volonté de répondre aux revendications des manifestants.
« Leurs exigences sont la démission du gouvernement. Des jeunes et des personnes âgées, des gens de toutes ethnies et de toutes religions ont fait entendre leur voix pour demander cette démission, c’est pourquoi cette énergie civique doit être soutenue et encouragée. »
Rosen Jeliazkov, Premier ministre bulgare
Il a également souligné que les protestations n’étaient pas motivées par des préoccupations sociales ou économiques, mais par un rejet de l’arrogance et un appel à des valeurs fondamentales.
Quelques minutes après l’annonce de la démission, Raya Nazarian, la présidente du Parlement, a soumis le vote de censure déposé par le PP-DB. Le vote n’a pas abouti, 106 parlementaires ayant voté pour, sans vote contre ni abstention.
La démission doit maintenant être approuvée par l’Assemblée nationale. Si elle l’est, le président Rumen Radev entamera des consultations avec les différents partis représentés au Parlement afin de former un nouveau gouvernement. Le premier mandat sera confié au GERB, le parti le plus représenté. En cas d’échec, le mandat reviendra au PP-DB. Si aucun des deux partis ne parvient à former un gouvernement, le président pourra confier un troisième mandat à un autre groupe parlementaire de son choix.
Les protestations ont été initialement déclenchées par un projet de budget pour 2026, qui prévoyait des augmentations d’impôts et de cotisations sociales pour le secteur privé, ainsi que des hausses de salaires et de dépenses publiques. Bien que le gouvernement ait finalement retiré ce projet, les manifestations se sont transformées en un mouvement plus large réclamant la démission du gouvernement et une réforme en profondeur du système de gouvernance bulgare.
Cette démission intervient au lendemain de celle du leader du GERB, Boyko Borissov, qui avait indiqué que son parti ne présenterait pas de candidat à la formation d’un nouveau gouvernement avant l’entrée officielle de la Bulgarie dans la zone euro le 1er janvier.
Un sondage réalisé par “Liens de marché” a révélé que les protestations ont entraîné une perte de soutien pour le GERB. Selon les résultats, 81% des Bulgares estiment que les manifestations visent les dirigeants du DPS et du GERB, notamment Delyan Peevski et Boyko Borissov, accusés de corruption, et 82% souhaitent un changement dans le modèle de gouvernance.
Le gouvernement de Rosen Jeliazkov était en place depuis le début de l’année 2025. Il avait été formé avec le soutien du GERB, du BSP, de l’ITN et du DPS d’Ahmed Dogan. Plus tard, le DPS s’est retiré, accusant les dirigeants de favoriser Delyan Peevski. Ce dernier a toujours affirmé qu’il continuerait à soutenir le gouvernement et qu’il devait rester en place jusqu’à la fin de son mandat de quatre ans.
*À suivre.*
