Publié le 2025-11-11 19:33:00. Face à l’invasion russe, l’Ukraine a déployé une ingéniosité remarquable pour maintenir ses défenses, notamment en adaptant un système de missiles soviétique obsolète. Cette capacité à innover a joué un rôle crucial dans la première phase du conflit.
- Au début de l’invasion, l’Ukraine disposait de peu d’armes de précision à longue portée, dépendant principalement du système de missiles « Tochka-U ».
- Les forces ukrainiennes ont réussi à modifier des missiles désarmés en y intégrant des ogives provenant de bombes aériennes, palliant ainsi une pénurie critique.
- La 19e brigade de missiles « Sainte Barbara » a joué un rôle déterminant dans la neutralisation de cibles russes clés, notamment des aérodromes et des convois logistiques.
Au commencement de l’offensive russe à grande échelle, l’armée ukrainienne était confrontée à un défi majeur : un manque criant d’armes modernes capables d’atteindre des cibles à plus de 100 km. Son principal atout à cette distance était le système de missiles « Tochka-U » (Point-U), un héritage de l’ère soviétique encore en service au sein de la 19e brigade de missiles « Sainte Barbara ».
Les combattants de cette brigade ont témoigné sur leur page Facebook de l’importance capitale de ce système dans la capacité initiale de l’Ukraine à freiner l’avancée ennemie, soulignant l’ingéniosité technique dont ils ont fait preuve.
Dans les premiers jours de l’invasion, les unités de la brigade opéraient simultanément dans les régions de Tchernihiv, Lougansk et Donetsk. Elles ont mené des frappes ciblées sur des aérodromes, des convois et des dépôts de munitions, souvent en agissant de manière isolée et sans communication directe, mais avec une efficacité notable. Parmi les succès, on compte la destruction d’avions sur l’aérodrome de Millerovo (région de Rostov) et d’un Il-76 à Taganrog, ainsi que la neutralisation de colonnes de véhicules de combat d’infanterie et de transport de troupes.
Face à l’épuisement des stocks de missiles, l’armée s’est tournée vers les dépôts de munitions datant de l’époque soviétique. C’est là qu’ils ont découvert des missiles dépourvus d’ogives, surnommés « queues ». Cette découverte a stimulé l’imagination des spécialistes techniques, qui ont envisagé la possibilité de les rendre à nouveau opérationnels.
La 19e brigade de missiles a pris la décision de rééquiper ces « queues » en y intégrant des ogives provenant de bombes aériennes hautement explosives. Tous les tests nécessaires ont été réalisés dans les délais les plus brefs, et la production en série de ces nouveaux missiles a été lancée en moins d’un mois.
« Le déficit a été surmonté et les lanceurs de missiles avaient encore beaucoup de travail à faire. Sur plus de trente frappes sur Tchernobaïevka, près de la moitié ont été menées par les Tochka-U : frappes sur l’île de Zmeiny, repoussant les attaques sur Kherson et Kharkiv, le grand navire de débarquement “Saratov”, les aérodromes ennemis, les entrepôts, la logistique et bien d’autres cibles – tout cela est le mérite de la 19e brigade de missiles “Sainte Barbara” et de son Tochka-U. »
19e brigade de missiles « Sainte Barbara »
Par ailleurs, Pavel Narozhny, fondateur de l’organisation caritative « Reactive Mail » et expert militaire, a récemment souligné les principales lacunes du missile ukrainien « Flamingo ». Il a précisé que, bien que la portée annoncée de 3 000 km soit réaliste, des problèmes de fabrication entravaient son développement.
Selon M. Narozhny, pour minimiser sa visibilité sur les radars, le missile devrait voler à basse altitude (jusqu’à 50 mètres). Cependant, son système de navigation actuel ne permet pas d’atteindre cette altitude.
