Publié le 8 octobre 2025 23:55. Le ministre de l’Économie italien, Giancarlo Giorgetti, a confirmé hier la nécessité de manœuvres budgétaires rigoureuses pour maintenir la stabilité financière du pays, malgré les incertitudes économiques persistantes et les appels à des investissements accrus.
- Le gouvernement italien entend poursuivre une politique budgétaire prudente pour consolider les récents succès en matière de notation et réduire le coût de la dette.
- Des mesures d’austérité sont prévues, notamment une révision sélective des incitations fiscales comme l’écobonus et un examen des dépenses de santé et de retraite.
- Les banques pourraient être appelées à contribuer à l’effort de réduction de la dette, en échange des bénéfices tirés de l’amélioration de la situation financière du pays.
Rome mise sur une gestion rigoureuse des finances publiques pour préserver la confiance des marchés et éviter de compromettre les progrès réalisés en matière de réduction de la dette. Giancarlo Giorgetti a souligné l’importance d’une planification durable et prudente, particulièrement cruciale dans un contexte économique mondial incertain.
Selon le ministre, cette approche est la seule capable de garantir la flexibilité nécessaire pour atteindre les objectifs programmatiques du gouvernement et faire face aux imprévus. « Seule une utilisation prudente des ressources disponibles peut nous permettre de faire face à d’éventuels chocs négatifs et en même temps de continuer à mettre en œuvre les objectifs prioritaires du programme gouvernemental », a-t-il déclaré.
Concrètement, la manœuvre budgétaire envisagée prévoit une confirmation sélective de l’écobonus à 50 %, une incitation à la construction à l’efficacité énergétique qui sera progressivement réduite, et une révision de la durée des exonérations fiscales, jugée « infinie ». La revalorisation de l’âge de la retraite de trois mois sera également neutralisée.
Dans le domaine de la santé, le gouvernement propose d’augmenter les fonds alloués au recrutement de personnel médical et à la réduction des délais d’attente. Le fonds de garantie pour les PME sera également renforcé, avec un contrôle accru des prêts garantis par l’État. Les banques pourraient être invitées à participer financièrement à cet effort, en contrepartie des bénéfices qu’elles retirent de l’amélioration de la notation de l’Italie.
Des nouvelles formes d’incitations automatiques remplaceront les dispositifs Industrie 4.0 et Transition 5.0. Un fonds d’imprévus sera également créé pour absorber une légère augmentation du déficit et couvrir les éventuelles condamnations judiciaires.
Les dépenses de défense ne seront évaluées qu’une fois l’Italie sortie de la procédure européenne pour déficit excessif. Le gouvernement entend demander l’activation de la clause de flexibilité pour éviter que ces dépenses n’impactent la dette publique. Aucune augmentation d’impôts ni réduction des dépenses de santé ne sont prévues, mais plutôt une recherche de flexibilité budgétaire.
Avant l’audition de Giancarlo Giorgetti, la Banque d’Italie, l’Upb (Bureau parlementaire du budget) et la Cour des comptes ont présenté leurs observations sur la manœuvre. Andrea Brandolini, chef du département d’économie et de statistiques de la Banque d’Italie, a insisté sur la nécessité de mesures de couverture « certaines » et a appelé le gouvernement à limiter les mesures ponctuelles aux « effets transitoires » sur la demande.
L’Upb a souligné que la trajectoire de réduction de la dette à partir de 2027 repose sur des hypothèses ambitieuses, notamment la mise en œuvre du programme de désinvestissement. Elle a également mis en garde contre une utilisation « presque complète » de l’espace budgétaire disponible, qui pourrait compromettre la capacité à faire face à des imprévus.
Les dépenses de défense ont également été pointées du doigt par les institutions de contrôle, qui estiment qu’elles ne sont pas suffisamment prises en compte dans le cadre du Document de programmation des finances publiques (DPFP). Une correction pourrait donc être nécessaire pour éviter une dynamique de la dette « plus soutenue ».
