L’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson a vivement critiqué le gouvernement actuel pour son inaction face aux actifs russes gelés, estimant qu’ils pourraient être mobilisés pour soutenir financièrement l’Ukraine. Il a exhorté le Premier ministre Keir Starmer à faire preuve de fermeté face à Vladimir Poutine et à débloquer jusqu’à 20 milliards de livres sterling (environ 23,5 milliards d’euros) d’actifs russes.
Selon Johnson, ces fonds, bloqués en Grande-Bretagne depuis près de quatre ans suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, pourraient servir de garantie pour un prêt substantiel à Kyiv. Sa proposition intervient après l’échec d’un plan similaire porté par l’Union européenne, qui visait à utiliser les avoirs russes comme garantie pour un prêt. Ce projet, qualifié de « juridiquement solide » par l’ancien chef du gouvernement, a échoué en raison, selon lui, de l’intimidation exercée par la Russie et les États-Unis sur certains États membres.
Face à cet échec, le Royaume-Uni et l’UE ont convenu de fournir une aide financière directe à l’Ukraine, à hauteur de 90 milliards d’euros (79 milliards de livres sterling). Johnson juge toutefois cette solution insuffisante, soulignant l’urgence de la situation financière de l’Ukraine, dont les troupes sont actuellement sous pression dans les provinces orientales du pays, ce qui affaiblit sa position dans les éventuelles négociations de paix.
L’ancien Premier ministre a accusé Starmer d’avoir « abdiqué son leadership » sur ce dossier, laissant la prise de décision à des personnalités comme le chancelier allemand Friedrich Merz et la chef de la diplomatie européenne Ursula von der Leyen. « Mon message au Premier ministre est de faire preuve de courage et de leadership. Pourquoi avons-nous renoncé à notre rôle de premier plan sur la question de l’Ukraine ? Kyiv se tournait vers nous. Pourquoi n’avons-nous rien entendu de Downing Street à ce sujet ? » a-t-il déclaré.
Johnson a également critiqué l’attitude de certains pays d’Europe de l’Est, notamment la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque, qui se sont opposés à l’utilisation des actifs russes. Il a par ailleurs dénoncé le retrait du soutien de pays comme l’Italie, apparemment sous la pression des États-Unis. « Comment des pays qui ont été envahis par la Russie au XXe siècle peuvent-ils traiter l’Ukraine de cette manière, un pays qui vit ce qu’ils ont vécu ? » s’est-il interrogé.
Pour sa part, Vladimir Poutine s’est moqué de l’échec de l’accord, qualifiant toute tentative d’utilisation des actifs russes de « vol à la lumière du jour ». Lors de sa traditionnelle conférence de presse de fin d’année, retransmise à la télévision russe, il a accusé l’Ukraine de ne pas manifester un réel désir de paix.
Johnson a conclu en regrettant une « terrible occasion manquée » non seulement de financer la défense de l’Ukraine, mais aussi d’envoyer un message clair à Poutine, affirmant que la Russie devrait être traitée comme un État paria.
